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La Banque du Japon sous pression pour abaisser les taux à son tour

La Banque du Japon (BoJ) entame jeudi une réunion de politique monétaire de deux jours, alors que son taux directeur, ramené à 0,30% le 31 octobre, est pour la première fois depuis des années plus élevé que celui de la Fed, abaissé mardi à la surprise générale à une fourchette de 0 à 0,25%.

(afp) - Le yen a atteint mercredi son plus haut niveau en 13 ans face au dollar après l'abaissement à presque zéro du taux directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed), faisant monter la pression sur la Banque du Japon pour qu'elle réduise à son tour le loyer de l'argent vendredi.

La Banque du Japon (BoJ) entame jeudi une réunion de politique monétaire de deux jours, alors que son taux directeur, ramené à 0,30% le 31 octobre, est pour la première fois depuis des années plus élevé que celui de la Fed, abaissé mardi à la surprise générale à une fourchette de 0 à 0,25%.

La mesure radicale de la Fed a accéléré la flambée du yen face au dollar. Le billet vert a chuté mercredi jusqu'à 88,22 yens, du jamais vu depuis 13 ans.

Le yen s'est apprécié de plus de 20% face au dollar depuis le début de l'année, aggravant les problèmes des exportateurs japonais déjà confrontés à une chute dramatique de la demande aux Etats-Unis et en Europe, et enfonçant encore plus profondément l'économie nippone dans la récession.

Le moral des grandes entreprises japonaises s'est ainsi effondré en décembre, l'indice de confiance Tankan enregistrant sa plus forte chute depuis 1974, selon des statistiques publiées lundi par la BoJ.

Face à ce phénomène, le gouvernement a exprimé son souhait de voir la BoJ imiter son homologue américaine et abaisser à nouveau son taux. Une mesure qui reviendrait pratiquement à rétablir la politique de taux zéro pratiquée au Japon entre 2001 et 2006 pour combattre la déflation et relancer la croissance.

La hausse du yen "aura un impact sur les industries exportatrices. J'espère que (la BoJ) prendra des mesures monétaires après avoir réfléchi à cela", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Takeo Kawamura.

"Je voudrais que la BoJ partage le point de vue du gouvernement sur l'économie et fasse le nécessaire pour la soutenir", a affirmé de son côté le ministre des Finances, Shoichi Nakagawa, tout en précisant qu'il respectait l'indépendance de jugement de la banque centrale.

M. Nakagawa a par ailleurs indiqué qu'une intervention du gouvernement sur le marché des changes pour affaiblir le yen n'était pas un scénario plausible dans l'immédiat. Mais il n'a pas exclu à plus longue échéance de recourir à une telle mesure, dont Tokyo était coutumier jusqu'en mars 2004.

Les intervenants estimaient mercredi après-midi à 54% la probabilité d'un abaissement des taux par la BoJ. En début de semaine, cette probabilité, calculée par le Crédit Suisse en fonction des ordres passés sur le marché des "swaps" de taux d'intérêt, n'était que de 20%, a rapporté Dow Jones Newswires.

"La Fed ayant abaissé les taux, il est plus facile pour le gouvernement d'arguer que la BoJ devrait faire de même", a commenté Masatsugu Miyata, stratège des changes chez Hachijuni Bank, tout en pariant cependant que la banque centrale japonaise résistera aux appels à réduire le loyer de l'argent.

La BoJ "ne devrait pas utiliser cette carte. Elle préférera d'autres outils pour stimuler l'économie, comme l'achat d'effets de commerce", a-t-il prédit.

Le gouverneur de la BoJ, Masaaki Shirakawa, a exprimé à plusieurs reprises ces dernières semaines sa réticence à réduire davantage les taux d'intérêt au Japon, évoquant de possibles effets pernicieux sur le marché monétaire.

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