La BCE commence à envisager la sortie de crise

Après avoir abreuvé les banques de liquidités pendant plus d'un an, la BCE s'apprête à progressivement refermer la boîte de Pandore alors que les marchés financiers et l'économie de la zone euro semblent en voie de guérison.

(afp) - Le conseil des gouverneurs, qui tient jeudi sa dernière réunion de politique monétaire de l'année, va décider de maintenir le principal taux directeur à 1%, son niveau historique, estiment marchés et économistes.

Mais surtout, la Banque centrale européenne va "annoncer les premiers pas" concrets de sa politique de sortie de crise, avertit Elga Bartsch, économiste chez Morgan Stanley.

"Il ne faudra pas l'interpréter comme le début d'un sévère resserrement de la politique monétaire en zone euro", souligne Michael Schubert de la Commerzbank. Le nouveau recul sur un an des crédits au secteur privé en octobre annoncé récemment, a de quoi inciter la BCE à la prudence.

Il s'agit plutôt d'un retour progressif à la normale alors que l'économie en zone euro, sortie de la récession au troisième trimestre, se redresse et que les perspectives sont encourageantes. La BCE devrait d'ailleurs annoncer un relèvement de ses prévisions de croissance jeudi.

La politique de l'argent pas cher de l'institution porte en effet en germe des dangers inflationnistes et risque de faire grossir une nouvelle bulle spéculative qui pourrait déboucher sur une crise.

Depuis la débâcle de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers en septembre 2008 et la tourmente financière qui a suivi, la BCE a augmenté la maturité et la fréquence de ses opérations de refinancement. Les banques peuvent demander autant de liquidités qu'elles le souhaitent, au taux d'intérêt de 1%. La BCE s'est montrée très souple sur les garanties (collatéraux) qu'elle acceptait en échange.

L'objectif consiste depuis le début à inciter les banques à accorder suffisamment de crédits et à des conditions raisonnables aux entreprises et particuliers, et par là même à soutenir la conjoncture.

Mais elles ont plutôt investi dans les marchés financiers, ce qui leur a permis de redresser leurs comptes mais aussi pour certaines de verser de nouveau de juteux bonus au grand dam des banquiers centraux.

 

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