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La Fed a tenu compte des chiffres de l'emploi

Les mauvais chiffres de l'emploi publiés vendredi ont sans doute été déterminants dans la décision de la Réserve fédérale. Le statu quo décidé hier pourrait s'avérer très temporaire si l'inflation venait à s'accroître.

(l'echo/afp) - La Federal Reserve (Fed) a respecté hier les attentes des marchés financiers qui tablaient sur un statu quo monétaire. Après 17 hausses, le taux directeur des «fed funds» avait été porté à 5,25% fin juin. Hier, la Fed a donc décidé d'en rester là. Tout au moins pour l'instant. Car elle restera attentive à toute dérive inflationniste potentielle.

C'est le premier statu quo depuis que la banque centrale américaine a commencé son cycle de resserrement monétaire en juin 2004. Le taux directeur était alors fixé à 1% depuis un an, pour aider l'économie à digérer l'après 11 septembre 2001.

Aujourd'hui, l'expansion semble de nouveau entrée dans une phase de ralentissement (2,5% seulement de croissance du PIB au deuxième trimestre), la décélération du secteur immobilier pesant lourdement sur le portefeuille des consommateurs, qui sont traditionnellement la locomotive de la croissance.

Vendredi, le rapport sur l'emploi avait révélé une détérioration du chômage à 4,8% de la population active en juillet (contre 4,6% en juin) et un chiffre inférieur aux attentes en matière de créations d'emploi, ce que les économistes ont jugé déterminant pour le verdict de la Fed. Faire une pause permettra ainsi d'apporter une bouffée d'air à l'économie. Les marchés, qui étaient partagés avant ce rapport de l'emploi, se sont alors convaincus du scénario du statu quo. Ce dernier permettra aussi de ne pas perturber les marchés financiers. «Torturer les marchés est la dernière des envies de la Fed. C'est perdre en efficacité», estime Stephen Buser, professeur de finances à l'Université de l'Ohio. L'économiste propose une méthode simple pour calculer le niveau approximatif du taux directeur: «Ajoutez deux points au niveau de l'inflation». Et c'est là que le bât blesse, car l'inflation ne cesse d'augmenter aux états-Unis. L'indice des prix lié aux dépenses de consommation par exemple a augmenté de 3,5% en juin sur un an, et l'indice des prix à la consommation de 4,3%. Pour lutter contre l'inflation, il faudrait logiquement augmenter les taux directeurs. C'est pourquoi la Fed pourrait très bien décider de relever ses taux lors de sa réunion suivante, en septembre. Ben Bernanke, le patron de la Fed, lui-même avait évoqué dès avril la possibilité que, «à un moment donné», la Fed fasse une pause le temps de glaner plus d'information, sans que cela signifie un arrêt définitif des hausses de taux. D'autant que les chiffres de la productivité publiés mardi sont mitigés.

La productivité non agricole a ralenti aux états-Unis au deuxième trimestre, affichant une hausse de 1,1% (en rythme annuel) par rapport au trimestre précédent après +4,3% au premier.

Au deuxième trimestre, les coûts unitaires du travail ont progressé de 4,2% par rapport au premier, après une hausse de 2,5% au cours du trimestre précédent. C'est la hausse la plus importante depuis le 4e trimestre 2004. Sur un an, la hausse des coûts du travail a atteint 3,2%, ce qui est la hausse la plus forte enregistrée depuis le 4e trimestre 2000.

L'indice des prix lié à la productivité a lui augmenté de 3,4%.

La Fed fait le pari que la décélération de la croissance bridera l'inflation. Dans ce contexte, ces chiffres sur la productivité seront encore suivis avec attention prochainement car la forte hausse de ces dernières années a permis jusqu'ici d'absorber l'inflation.

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