La Réserve fédérale inquiète de l'inflation et de la faiblesse de l'investissement

La Réserve fédérale américaine (Fed) s'est dite inquiète de l'inflation lors de sa réunion fin mars, mais elle a aussi souligné les risques pour la croissance liés à la faiblesse de l'investissement des entreprises, selon les minutes publiées mercredi.

(afp) "La plupart des participants ont continué de tabler sur un déclin graduel de l'inflation de base dans les deux années à venir", mais "tous ont dit leurs inquiétudes" sur ce sujet, selon le compte-rendu de la réunion des 20 et 21 mars qui s'était conclue sur un maintien de son taux directeur à 5,25%. Notamment, "certains ont noté que les risques de hausse de l'inflation semblaient avoir légèrement augmenté ces derniers mois", souligne le texte. Ces risques viennent entre autres de la hausse des prix de l'énergie, et des tensions sur le marché du travail.

"A l'avenir, la possibilité que l'augmentation des coûts du travail s'accélère a été vue comme un risque pour l'inflation", selon les minutes. C'est pourquoi l'inflation reste le danger "prédominant".

"Une inflation qui resterait à ses niveaux récents pourrait au bout du compte avoir des conséquences dommageables pour la performance économique", souligne le compte-rendu. Le comité de politique monétaire (FOMC) avait décidé de laisser ses taux inchangés à 5,25% mais elle avait surpris en laissant de côté son allusion à un "resserrement monétaire", remplacé par le terme "ajustement".

"Le comité est tombé d'accord pour dire qu'une future hausse des taux pourrait s'avérer nécessaire, mais que, à la lumière des incertitudes croissantes sur les perspectives d'inflation et de croissance, le communiqué ne devait plus citer comme seule possibilité celle d'un resserrement".

La Fed a ainsi dit ses inquiétudes face à l'investissement des entreprises, qui a été "étonnamment faible" des derniers temps. Cela vient peut-être du fait que les chefs d'entreprise s'interrogent sur les perspectives de croissance et de chiffre d'affaires, selon le texte. Aussi les participants ont-ils jugé "que la possibilité d'une faiblesse persistante de l'investissement était un risque important pour les perspectives de croissance". La Fed a de ce fait "abaissé ses prévisions de croissance au premier trimestre".

L'autre grand danger pour la croissance, posé par le secteur des prêts immobiliers à risque ("subprime"), semble contenu: "il n'y a pas de signe de contagion vers l'ensemble du secteur hypothécaire", note la Fed. Aussi, même si la hausse des prix du pétrole et les problèmes du secteur "subprime" devraient "freiner un peu l'activité d'ici la fin de l'année", la croissance devrait tout de même "s'accélérer pour s'inscrire un peu en dessous du potentiel d'ici la fin 2007", et "garder un rythme similaire en 2008".

Du côté de l'inflation, la Fed a révisé sa prévision pour l'indice général au premier semestre mais elle continue toujours de tabler sur une inflexion graduelle de l'indice hors alimentation et énergie "d'ici la fin de l'année et l'an prochain".

Photo Bloomberg

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