La Réserve fédérale met la hausse des taux au frigo

La banque centrale US n'exclut pas d'agir prochainement en fonction des risques d'inflation.

Un membre de la Fed a voté hier en faveur d'une hausse des taux, s'opposant ainsi à l'avis de Ben Bernanke (photo) et de ses collègues. Le signe, peut-être, que la pause monétaire n'est que temporaire - Photo: Belga

(l'echo) - Comme attendu depuis les chiffres de l'emploi de vendredi dernier, la Réserve fédérale (Fed) américaine a décidé hier de ne pas toucher à ses taux d'intérêt. Le taux des «fed funds», qui fait office de taux directeur, demeure ainsi à 5,25%. Ce statu quo est le premier depuis deux ans. Mais tous les regards se portent déjà sur la prochaine réunion de la Fed, programmée le 20 septembre. Car les indicateurs demeurent contradictoires aux USA: la croissance ralentit mais l'inflation ne semble pas avoir dit son dernier mot.

Dans son communiqué, la Fed souligne ainsi que la croissance s'est modérée récemment avec un refroidissement graduel du marché immobilier. Les hausses des taux et des prix de l'énergie ont pesé sur la conjoncture, dit-elle. Mais la Fed souffle ensuite le chaud et le froid en matière d'inflation. Elle précise tout d'abord que les pressions inflationnistes devraient se modérer au cours du temps. Mais le comité de politique monétaire ajoute ensuite que des risques subsistent encore. Un membre de la Fed, Jeffrey Lacker, a d'ailleurs voté hier en faveur d'une hausse des taux de 0,25 point.

Un nouveau resserrement du crédit dépendra donc des informations futures sur la croissance et l'inflation. En cela, Ben Bernanke reste fidèle à ses précédentes déclarations. Le président de la Fed avait été très clair: il base son jugement en fonction des indicateurs. Et il semble bien que hier le dernier chiffre de l'emploi ait particulièrement pesé lourd dans la balance. Le nombre d'emplois créé en juillet a été de 113.000 seulement et le taux de chômage a grimpé contre toute attente à 4,8%, contre 4,6%.

Mais rien ne dit que les taux actuels de 5,25% de la Fed vont se maintenir très longtemps à ce niveau. Certains économistes voient l'inflation accélérer suffisamment pour inciter la banque centrale à opérer de nouvelles hausses des taux en cours d'année. Surtout si le pétrole devait continuer à faire des siennes et tester de nouveaux records.

Hier, juste après la décision de la Fed, la Bourse américaine a viré au rouge. L'indice Dow Jones a perdu 0,41%... pendant que l'euro grimpait face au dollar.

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