Lamfalussy défend son rapport sur la régulation financière

©Lieven Van Assche

L'ancien président de la BRI a répondu ce matin en Commission des finances aux questions des parlementaires. Et a justifié sa prudence...

Bruxelles (L'Echo) -  "Une opportunité ratée pour aller vers un système intégré ou un contrôle renforcé " de la supervision financière, " un manque d'ambition ". Les critiques des parlementaires ont fusé ce matin à l'égard du rapport Lamfalussy, marche pied vers une réforme législative de la régulation financière en Belgique. D'autres législateurs moins nombreux ont salué son approche " pragmatique " et " réaliste ". Le baron Lamfalussy s'est de son côté employé devant la Commission des finances à défendre la solution intermédiaire prônée par le comité d'experts qu'il a dirigé.

L'un des principaux axes des propositions pour modifier l'architecture financière du pays tient à la création d'un CRS (comité des risques systémiques). Cet organe aurait pour mission de chapeauter la BNB (Banque nationale de Belgique) et la CBFA (Commission bancaire financière et des assurances). Selon Lamfalussy, le CRS permettrait de renforcer l'échange d'informations entre les deux régulateurs, et avec les établissements financiers. " Pourquoi ne pas être allé plus loin et de ne pas avoir proposé le rapprochement entre les deux régulateurs comme c'est le cas chez certains de nos voisins ", ont questionné plusieurs membres de la commission des finances ?

Deuxième vague
Pour Alexandre Lamfalussy, un tel chambardement n'est envisageable qu'une fois que la crise sera passée et digérée ce qui est selon lui encore loin d'être le cas. Mieux valait donc opter pour une solution graduelle même s'il reconnaît que le schéma intégré semblait plus satisfaisant. " On ne part pas de table rase. Il y a un système qui existe. Imaginer une fusion entre les activités de surveillance de la CBFA et celles de la BNB représente un travail très important. Ce n'est pas un simple transfert d'activités mais une réorganisation qui demanderait un processus législatif et un travail d'exécution considérable. Or, les dirigeants sont aujourd'hui occupés à sortir de la crise ",a insisté Lamfalussy.

Pour justifier sa prudence l'ancien président de la BRI (Banque des règlements nationaux) pointe les risques de voir les banques chuter à nouveau. " Je suis convaincu que nous sommes très loin d'être sortis de la crise. Il est probable qu'un nombre croissant de banques ont réussi à se couvrir contre le risque contenu dans les produits structurés ", a-t-il expliqué. Mais c'est selon lui c'est désormais la conjoncture économique qui va peser. Alexandre Lamfalussy redoute ainsi une " deuxième vague " de difficultés " qui pourrait naître dans l'hypothèse où la reprise se ferait attendre ".

Le gouvernement belge souhaite l'adoption d'un texte réformant l'architecture financière d'ici à 2010.  La Commission européenne a également mis sur les rails une réforme supranationale. A crise globale, réponse globale.

K.T.

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