Le brut évolue à des sommets, les tensions avec l'Iran inquiètent le marché

Les cours du pétrole évoluaient vendredi matin près de leurs plus hauts depuis six mois, le marché réagissant à l'escalade des tensions avec l'Iran, quatrième producteur mondial d'or noir, qui retient toujours prisonniers 15 marins britanniques capturés dans le Golfe Persique. "Le marché est extrêmement nerveux au sujet de l'Iran, à juste titre, personne ne sait ce qui va se passer", a indiqué un analyste de la maison de courtage Trafigura.

(afp) "Les rumeurs et les informations se sont bousculées depuis quelques jours, il est normal de voir le marché réagir ainsi", a-t-il ajouté.Vendredi, Téhéran retenait toujours prisonniers les 15 marins britanniques capturés la semaine dernière, et accusés d'avoir pénétré illégalement dans les eaux iraniennes, une version contestée par Londres.La télévision iranienne en langue arabe a diffusé vendredi l'interview d'un marin, qui reconnaît que son équipe était entrée dans les eaux iraniennes. Londres a dénoncé comme "scandaleuse" cette initiative.Les cours avaient gagné près de 2 dollars jeudi suite au refus iranien de libérer la seule femme du groupe des militaires britanniques, en raison de "l'attitude incorrecte" de Londres.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a exprimé jeudi sa "profonde préoccupation" sur cette affaire et soutenu les appels pour une "prompte résolution du problème, qui inclut la libération de ces personnels".Pour Christopher Bellew, courtier chez Bache Financial, la poussée des prix serait "prématurée". "Les opérateurs exagèrent le facteur de risque géopolitique", a-t-il estimé.Si la situation venait à se dégrader encore, "je ne serais pas surpris de voir les cours bondir à 70 dollars, voire plus", avançait Simon Hayley, économiste à Capital Economics."Il faudrait pour cela qu'augmente la probabilité d'une suspension des exportations de l'Iran ou des pays du Golfe", a-t-il précisé. L'Iran a plusieurs fois fait allusion à une éventuelle interruption de ses exportations, qui risquerait de faire grimper en flèche les cours. Certains analystes soulignent que la République islamique pourrait aussi bloquer le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial.Les prix restent pour l'heure en-deçà de leurs plus hauts atteints l'été dernier, à presque 80 dollars le baril, sur fond de conflit au Liban et de controverse autour du programme nucléaire iranien.

Par ailleurs, la grève des agents CGT au Port autonome de Marseille (PAM) "augmentait les inquiétudes du marché quant à une baisse de l'offre en Europe et des importations des Etats-Unis, où les stocks d'essence sont en déclin", ont relevé les analystes de la maison de courtage Sucden.L'Union Française des industries pétrolières (UFIP) a affirmé mercredi que des raffineries françaises devraient fermer dès vendredi si le mouvement de grève, qui entre dans sa troisième semaine, se poursuit au PAM, deuxième port européen pour les hydrocarbures.Une pénurie se ferait sentir une dizaine de jours après l'arrêt des raffineries, selon l'UFIP.

Photo Belga

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