Le G7 juge "impératif" un succès des négociations OMC

(afp) Les ministres des Finances du G7 ont jugé vendredi "impératif" de conclure un accord dans les négociations sur la libéralisation du commerce mondial à l'OMC, au moment où les principaux pays négociateurs font part d'un relatif optimisme.

"Nous sommes déterminés à résister à tout sentiment protectionniste. Abaisser de manière significative les tarifs douaniers et les autres barrières est essentiel pour donner un nouvel élan à la croissance du commerce mondial et réduire la pauvreté", ont-ils souligné dans un communiqué à l'issue de leur réunion de Washington.

"Nous pensons qu'une conclusion fructueuse du cycle de Doha sur le développement est impérative", ont-ils ajouté.

"Nous nous félicitons des récentes initiatives pour intensifier les contacts, et nous reconnaissons que des mouvements substantiels vers un accord final exhaustif demandent que toutes les parties consentent des efforts supplémentaires", ajoutent les ministres du G7.

Le secrétaire au Trésor Henry Paulson a pour sa part indiqué que les négociations engagées à Doha en novembre 2001, sensées bénéficier aux pays en développement, étaient "à un moment critique".

"Des progrès substantiels sur les services, y compris les services financiers, doivent faire partie intégrante d'un cycle sur le développement et les ministères des Finances doivent travailler ensemble pour insuffler une nouvelle vigueur aux négociations sur les services financiers", a indiqué M. Paulson.

Les discussions achoppent depuis cinq ans sur le dossier agricole. Les pays pauvres et émergents demandent la fin des subventions versées par les pays riches à leurs agriculteurs et un abaissement des droits de douane tandis que ceux du Nord réclament des concessions pour leurs services et leurs produits industriels.

Lors d'une rencontre cette semaine à New Delhi, les Etats-Unis, l'Union européenne, le Brésil, l'Inde, le Japon et l'Australie se sont engagés à intensifier leurs efforts pour les faire aboutir d'ici à la fin de l'année.

Les négociations de Doha avaient été gelées en juillet 2006 mais ont été relancées en janvier avec l'espoir initial de parvenir à un premier compromis avant fin juin.

Cette date est importante car elle marque l'expiration de la loi Trade Promotion Authority (TPA) qui accorde au président américain George W. Bush des pouvoirs de négociations spéciaux. Il peut ainsi soumettre au Congrès un accord commercial sur lequel celui-ci ne peut voter d'amendements.

Le président de la commission des Finances du Sénat, le démocrate Max Baucus, a toutefois jeté vendredi un coup de froid sur les espoirs de voir le TPA reconduit après son échéance.

Il a indiqué que faute d'accords commerciaux à examiner, le Congrès, actuellement contrôlé par les démocrates, pourrait décider de ne pas prolonger les pouvoirs spéciaux accordés au président républicain.

Le président de l'OMC, le Français Pascal Lamy, devait participer samedi aux réunions semestrielles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui se tiennent à Washington.

Le directeur général du FMI, Rodrigo Rato, a pour sa part estimé que "le renouveau des négociations dans le cadre du cycle de Doha est bienvenu", selon le texte du discours qu'il devait prononcer samedi.

Selon lui, un tel accord encouragerait la croissance de l'économie mondiale en atténuant les pressions protectionnistes. Il a toutefois estimé que tant les pays industriels que ceux en développement devaient s'assurer que la mondialisation apporte des opportunités d'emplois et que les plus défavorisés "puissent profiter de la prospérité créée par le développement du commerce et les nouvelles technologies."

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