Le G7 sonne le retour en grâce du nucléaire dans le monde

(afp) Les pays du G7 ont donné lors de leur réunion de Washington un coup de pouce à l'énergie nucléaire, qui connaît un retour en grâce dans le monde entier à la faveur du réchauffement climatique et de l'envolée des cours des hydrocarbures ces dernières années.

Pour assurer leur "sécurité énergétique" et "faire face au changement climatique", il est nécessaire de diversifier les sources d'approvisionnement à travers des "technologies énergétiques avancées comme les énergies renouvelables, le nucléaire et le charbon propre", ont souligné les ministres des Finances du forum à l'issue de leur réunion vendredi soir à Washington.

Lors de leurs derniers sommets, les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie et le Canada n'étaient pas parvenus à s'accorder sur une mention explicite de l'atome, notamment en raison de l'opposition de Berlin, qui préside le G7/G8 cette année et a opté pour l'abandon à terme du nucléaire.

Mais la flambée des prix pétroliers, passés de moins de trente dollars le baril fin 2003 à près de 80 à l'été 2006, ainsi que la montée du nationalisme énergétique chez les pays producteurs comme la Russie, le Venezuela ou l'Iran ont changé la donne.

Après avoir a longtemps été associé à la catastrophe de Tchernobyl, le nucléaire, qui à l'inverse des hydrocarbures n'émet pas de gaz à effet de serre, s'est refait une vertu à la faveur les prévisions alarmistes sur l'impact du réchauffement climatique.

La France, qui militait depuis longtemps pour faire accepter au plan international le nucléaire comme une alternative renouvelable et "propre" aux hydrocarbures, s'est félicitée de cette initiative à Washington.

"Il m'a fallu beaucoup d'énergie", pour que le G7 cite le mot nucléaire, a ironisé vendredi le ministre des Finances Thierry Breton. "Ce n'est pas la première fois que j'essaie, c'est la première fois que c'est accepté à l'unanimité", a-t-il ajouté.

La France tire 78% de sa production d'électricité de l'atome, contre 16% dans le monde et 32% en Europe, et compte plusieurs grands groupes du secteur, à l'instar d'Areva.

Les partisans du nucléaire avaient déjà marqué des points, lors du récent conseil européen sur l'énergie, où l'UE s'est engagée à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d'ici 2020 par rapport à 1990. Le conseil a mentionné le nucléaire comme l'un des moyen d'atteindre ce but.

Aux Etats-Unis, dans son discours sur l'état de l'Union fin janvier le président américain George W. Bush a lui aussi cité le nucléaire comme l'une des voies à suivre pour diversifier l'approvisionnement en électricité des Etats-Unis.

Mais, dans un pays où pas une centrale atomique n'a été construite depuis près de 30 ans et où l'électricité est principalement produite à partir de pétrole et de charbon, les grands groupes énergétiques ne sont pas prêts à s'engager dans cette voie, qui nécessite de lourds investissements.

Ils demandent à l'Etat d'assurer un environnement juridique favorable et de contribuer financièrement à la construction de nouvelles centrales, qui répond selon eux à des objectifs politiques et environnementaux plus qu'économiques.

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