Le G8 lance un avertissement aux spéculateurs

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Les pays du G8 ont chargé le Fonds monétaire international (FMI) d'enquêter sur les causes de l'envolée des prix du pétrole, un mal qui menace l'économie mondiale mais dont le diagnostic est controversé et les remèdes incertains.Réunis ce weekend, ils ont également lancé un avertissement aux spéculateurs, soupçonnés d'être en partie responsables de l'envolée des prix du pétrole, dans l'espoir de calmer un marché en pleine effervescence, selon les analystes.

(afp) - Les ministres des Finances des pays industrialisés du G8 ont adressé ce weekend un avertissement aux spéculateurs, soupçonnés d'être en partie responsables de l'envolée des prix du pétrole, dans l'espoir de calmer un marché en pleine effervescence, selon les analystes.

Réunis à Osaka, dans l'ouest du Japon, les ministres du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) ont demandé au Fonds monétaire international (FMI) d'enquêter sur la volatilité et la flambée des cours du brut, qui ont frisé récemment les 140 dollars le baril.

Même si la plupart des ministres ont avoué ignorer à quel point la spéculation a une influence sur les marchés de l'énergie, leurs remarques sont clairement destinées à faire peur à ceux qui achètent et revendent du pétrole par pur opportunisme, analysent les économistes.

"Il est révélateur que les membres du G8 aient insisté sur leurs craintes partagées de l'inflation. C'est un message aux spéculateurs, pour tenter de contrôler la situation sur le marché", estime Ryohei Muramatsu, de Commerzbank.
Leur front uni est quelque chose "contre lequel les spéculateurs risquent d'avoir des difficultés à lutter", pronostique cet analyste.

"Les prix élevés des matières premières, particulièrement ceux du pétrole et de la nourriture, constituent une menace sérieuse pour la stabilité de la croissance mondiale, ont des conséquences graves pour les plus vulnérables et peuvent accroître les pressions inflationnistes dans le monde", ont prévenu les ministres des Finances dans le communiqué final de leur réunion d'Osaka.

Les prix du pétrole ont été multipliés par cinq depuis 2003 pour de nombreuses raisons, notamment les tensions politiques au Moyen-Orient et la hausse de la demande dans les pays émergents comme la Chine et l'Inde.
L'impact de la spéculation sur les cours est sujet à controverse. L'Italie y voit la cause numéro un de la flambée du brut. Les Etats-Unis affirment au contraire que faire des spéculateurs des boucs-émissaires détourne l'attention du vrai problème, à savoir, selon eux, l'insuffisance de la production.

Ces divergences de points de vue n'ont toutefois pas empêché le G8 de réclamer d'une seule voix au FMI une enquête sur "les facteurs réels et financiers" derrière la hausse des prix du pétrole, ce qui constitue en soi une sévère mise en garde contre les spéculateurs, jugent les analystes.

"Un communiqué comme celui-ci, qui montre des efforts concertés, introduit un risque politique (pour les spéculateurs). C'est suffisant pour avoir un impact", estime ainsi Toshihiro Matsuno, de chez SMBC Friend Securities.
"Même si les spéculateurs ne sont pas la seule cause de la hausse des prix, il est indéniable qu'ils jouent un rôle. Les ministres des Finances en sont pleinement conscients, mais il ne peuvent pas les blâmer directement car les preuves concrètes manquent", explique-t-il.

D'autres analystes expliquent que la faiblesse du dollar face aux autres devises est un autre facteur de la hausse des prix du pétrole: le brut devient une valeur-refuge pour les investisseurs qui cherchent à contrer les effets de la dépréciation du billet vert.

Les Etats-Unis, jusqu'à présent peu pressés de redresser un dollar faible qui dope leurs exportations, ont récemment commencé à s'inquiéter du phénomène. A la réunion d'Osaka, le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a ainsi plaidé en faveur d'un dollar fort.
Il n'a toutefois pas évoqué une possible intervention sur les marchés pour soutenir le billet vert. "Le fait qu'il s'en soit abstenu est peut-être dû à son incapacité à rallier à sa cause tous les membres" du G8, avance M. Matsuno.

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