Le modèle des spin-offs wallonnes ne pousse pas à la croissance

Constat sévère posé par une étude de l'ULG: le modèle des spin-offs wallonnes est inadéquat pour atteindre un objectif de croissance.

La façade de l'ULG, place du XX août à Liège - Photo Belga

(l'écho) - «Mauvais bulletin» pour les spin-offs des universités francophones. Une étude, commandée à l'université de Liège par le cabinet de la ministre Marie-Dominique Simonet en charge de la Recherche et des Technologies à la région wallonne, tire un bilan mitigé sur leurs capacités de croissance. Une situation sensiblement différente dans le nord du pays. En cause, le modèle d'entreprise adopté par la plupart des spin-off wallonnes. Jugé inadéquat pour atteindre «un objectif de croissance», il relève plus du modèle de la TPE ou de la PME «traditionnelle». Le financement ne semble pas non plus correspondre à ces entreprises aux ambitions de croissance. Diagnostic…

La différence dans la capitalisation et le modèle

Autre comparaison: l'état financier des spin-offs. Sur 204 (100 flamandes et 104 francophones) et non plus 295 sociétés, les chercheurs ont remarqué que celles situées du côté wallon bénéficient d'une capitalisation de 1,3 million d'euros alors qu'il est de 1,8 au nord. Et la différence est plus du double «lorsqu'on considère uniquement les spin-offs de moins de dix ans». Dans une approche plus dynamique qui se recentre sur 102 sociétés, le constat est encore plus flagrant: «en moyenne, les spin-offs flamandes lancent leurs activités avec trois fois plus de capitaux que les spin-offs francophones.» L'écart est de 416.000 euros pour 606 en communauté flamande et 190 en communauté française. Ce constat se retrouve dans les montants levés par les entreprises au cours du temps. Côté emploi, il a aussi du mal à décoller. En moyenne, une spin-off flamande occupe 5 personnes contre trois en Wallonie.

Pourquoi une faible croissance?

Pour expliquer les mauvaises performances des spin-offs francophones, les chercheurs font état de plusieurs ingrédients qui manquent à l'appel. Ainsi, ils mettent en avant le modèle adopté par les sociétés et qui fait obstacle à une orientation de croissance. «Le modèle semble relever plus de celui de la TPE ou de la PME fournissant à leurs fondateurs un substitut à un emploi, que de l'entreprise poursuivant une opportunité présentant un grand potentiel.» Et de se refléter dans l'actionnariat: «sur les spin-offs francophones interrogées, 3% comptent parmi leurs actionnaires un fonds international privé, alors que côté flamand, elles sont 17%.» Un constat qui fait dire à l'étude que «la majorité des entrepreneurs francophones estiment que la valeur ajoutée de leurs actionnaires se situe principalement au niveau de l'accès aux milieux politiques et administratifs et beaucoup moins au niveau de la connaissance des marchés, des technologies et du secteur».

Le jugement est plus ou moins similaire au niveau des conseils d'administration, que l'étude juge «fermés». Quant à l'équipe de direction, elle est majoritairement «moins compétente en matière de gestion que celle des spin-offs flamandes».

Les critiques se tournent aussi vers le monde universitaire qui semble avoir «tendance à promouvoir une quantité maximale de spin-offs plutôt que d'essayer de sélectionner celle de meilleure qualité».

Finalement, en matière de financement, ils sont peu sélectifs. En outre, les fonds institutionnels locaux semblent être peu ouverts à l'entrée d'investisseurs extérieurs non locaux et non publics.

François-Xavier Lefèvre

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