Le pétrole poursuit son repli, le marché serein après les stocks américains

Les prix du brut ont poursuivi mercredi leur mouvement de repli entamé lundi, en réponse à la trêve au Liban, sur un marché rassuré après la publication de stocks pétroliers américains conformes aux attentes.

(afp) Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre a perdu 1,16 dollar, clôturant à 71,89 dollars. Il a atteint un de ses plus bas niveaux en séance depuis le 19 juillet, à 71,70 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à la même échéance a terminé la séance sur une baisse de 72 cents à 73,08 dollars, après un repli jusqu'à 72,05 USD, son plus bas depuis le 20 juillet.

Le recul des prix avait débuté lundi, en réponse à la trêve décidée au Liban, après un mois d'une guerre dévastatrice entre Israël et la milice chiite libanaise du Hezbollah.

Le rapport hebdomadaire des stocks pétroliers aux Etats-Unis a fourni aux courtiers un nouveau prétexte pour continuer à vendre, la publication étant ressortie globalement conforme aux attentes.

Les stocks de brut ont baissé de 1,6 million de barils et ceux d'essence de 2,3 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis, soit un peu plus que prévu, mais ils restaient supérieurs à leur niveau de l'an dernier.

"Les stocks de brut étaient globalement conformes aux attentes et tout le monde savait qu'il y avait un problème à Prudhoe Bay", a réagi Deborah White, analyste à la Société Générale, en référence à la fermeture partielle du champ de BP en Alaska pour cause de corrosion sur les oléoducs reliant le site.

Le niveau des stocks d'essence et de brut est "satisfaisant", a aussi estimé Bill O'Grady, d'AG Edwards.

L'autre facteur expliquant le repli des cours mercredi a été la révision en baisse par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2006.

L'Opep ne s'attend plus qu'à une croissance de 1,56% de la demande pétrolière cette année, à 84,53 millions de barils par jour (mbj), soit une révision à la baisse de 80.000 barils par jour en raison d'une "baisse inattendue de la consommation de l'OCDE au deuxième trimestre".

Le marché craint qu'un ralentissement économique aux Etats-Unis provoque un net repli de la demande du premier consommateur mondial d'énergie.

"Après la publication de prix à la production et à consommation inférieurs aux attentes mardi et mercredi, la vigueur de la demande (américaine) pourrait être bientôt remise en question", a souligné Phil Flynn, d'Alaron Trading.

Mais "les craintes de voir l'économie américaine ralentir pourraient disparaître si la Réserve fédérale américaine décidait de ne plus relever ses taux d'intérêt", après une première pause en août, a tempéré l'analyste

Selon M. Flynn, une telle décision serait plutôt de nature à soutenir les cours.

Les Etats-Unis ont par ailleurs fait peu de cas mercredi de la nouvelle offre de l'Iran qui s'est dit prêt à "discuter" de la suspension de son enrichissement d'uranium, réclamée par la communauté internationale.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne attendent que Téhéran déclare le 22 août s'il accepte ou non de suspendre son enrichissement d'uranium, en échange d'une offre de coopération présentée le 6 juin.

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