Le pétrole reste perché près de son record à Londres, l'Alaska inquiète

Le prix du pétrole restait perché autour de 78 dollars mardi à Londres, près du record battu la veille après la fermeture en Alaska du plus gros champ pétrolier des Etats-Unis et sur fond d'instabilité accrue au Proche-Orient.

(afp) Sur l'IntercontinentalExchange (ICE) de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s'effritait de 20 cents à 78,10 dollars vers 10H30 GMT. Il a battu un nouveau record historique lundi à 78,64 dollars, son plus haut niveau depuis le début de sa cotation à Londres en 1988, avant de terminer la journée en hausse de 2,13 dollars. A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre baissait de 11 cents à 76,87 dollars mardi lors des échanges électroniques. Il s'était hissé à 77,30 dollars lundi, sans parvenir à rejoindre son record de la mi-juillet, à savoir 78,40 dollars. Cette nouvelle poussée a été déclenchée par la fermeture progressive, par le groupe pétrolier britannique BP, du champ de Prudhoe Bay en Alaska, après la découverte d'une fuite sur un oléoduc. La fermeture complète, qui devrait prendre entre trois et cinq jours selon BP, se traduira par une interruption de production de 400.000 barils par jour, soit 8% de la production américaine. Le marché pétrolier était toutefois un peu rassuré par la décision de BP lundi de remplacer 73% du conduit endommagé (16 miles sur 22), et non pas de le réparer comme il le prévoyait au départ.

Cela, ajouté à quelques prises de bénéfices, pesait sur les cours mardi matin, a expliqué Robert Laughlin, opérateur à la maison de courtage Man Financial. "BP a choisi l'option raisonnable", a-t-il jugé. "C'est plus rapide, et plus professionnel, de le remplacer que de l'examiner entièrement et le réparer". "C'est pourquoi nous sommes d'avis que, même si cela va quand même prendre des mois, il (l'oléoduc) pourra en fait être remis en état de marche", a estimé le courtier. Le problème en Alaska intervient dans un contexte déjà très tendu en raison d'inquiétudes géopolitiques au Liban et en Iran, d'interruptions de production au Nigeria et en Irak, et de risques élevés liés à la saison des ouragans dans l'Atlantique. "Les inquiétudes sur la production étant déjà très importantes à cause des perturbations au Nigeria, en Irak et des interruptions potentielles en Iran, le marché répondra rapidement à tout nouveau problème", a prévenu Michael Davies, analyste à la maison de courtage Sucden. Cependant, a-t-il noté, "il semble qu'il y aura suffisamment de pétrole pour compenser une pénurie éventuelle".

Le ministère américain de l'Energie (DoE) a fait savoir lundi qu'il envisageait d'autoriser les raffineries à recourir aux réserves stratégiques de pétrole, qui s'élèvent à près de 700 millions de barils. L'Arabie saoudite et les autres membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se sont également dits prêts à augmenter leur production, selon M. Davies. Mais ces pays pompent déjà quasiment au maximum pour répondre à la forte demande chinoise et américaine. Il ne leur reste plus que quelque 2 millions de barils par jour supplémentaires, et qui plus est, du brut lourd et à haute teneur en soufre, peu prisé par les raffineries car plus difficile à transformer en produits tels que l'essence. En outre, l'utilisation des réserves stratégiques laisserait le monde sans roue de secours pour compenser toute perte de production au Proche-Orient, en raison du conflit en cours au Liban ou de la crise avec l'Iran sur son programme nucléaire controversé. Des combats meurtriers continuaient d'opposer mardi l'armée israélienne au Hezbollah au Liban sud, tandis que les cinq Grands ne se sont toujours pas entendus sur une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat.

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