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Le "sacre" de Sarkozy à la Une de la presse européenne, qui s'interroge

Les journaux européens accordaient lundi une large place à l'intronisation du candidat de l'UMP (droite) Nicolas Sarkozy pour la prochaine présidentielle française, mais semblaient divisés sur la personnalité de l'homme et sa faculté à rassembler pour gagner.Le plébiscite de Sarkozy dimanche par les militants de son parti occupait nombre de Unes et d'éditoriaux, les quotidiens danois Jyllands-Posten et norvégien Dagbladet allant jusqu'à comparer son grand "show" d'investiture au sacre de Napoléon.

(afp) Mais "qui est le véritable Nicolas Sarkozy?", se demande le Financial Times. Le candidat doit à présent "démontrer qu'il est un homme politique cohérent qui est plus qu'un brillant populiste avec du flair pour l'auto-promotion", estime le quotidien britannique des affaires.La presse russe, qui note avec le Kommersant "l'importante victoire" remportée par Sarkozy, s'inquiète d'un refroidissement des relations franco-russes si ce candidat jugé pro-américain est élu président en mai. "Il est peu probable qu'il soit soupçonné de sympathiser avec la Russie, comme le faisait (le président Jacques) Chirac", estime Gazeta."La France pourrait maintenant avoir un président pro-américain et libéral qui, cependant, a aussi l'étiquette d'un populiste excessivement ambitieux", renchérit le journal intellectuel tchèque Lidove Noviny. Celui-ci estime que Sarkozy s'est fait plus d'ennemis que sa rivale de gauche Ségolène Royal et que cela pourrait le desservir lors d'un deuxième tour.En Autriche, le quotidien conservateur Die Presse considère que Nicolas Sarkozy "est désormais le chef incontesté de la droite modérée" et que "l'ère Chirac est finie".Des journaux conservateurs tels le Times britannique ou les espagnols ABC et El Mundo sont enthousiastes. Le premier salue un homme teinté de "gallo-tatchérisme", le second souligne son appel à "l'unité du centre-droit et des Français" et sa réussite malgré les "manoeuvres de ses puissants opposants en interne", le troisième titre sur un "Sarkozy, clair et brillant".

Dans la presse de gauche, le ton est tout autre.Le Guardian britannique évoque un Sarkozy "provoquant et impitoyable", qui "n'est ni gagnant à coup sûr ni le président dont la France a besoin dans une période aussi difficile et délicate de son histoire".En Allemagne, le Berliner Zeitung (centre-gauche) parle d'un "candidat surestimé": Sarkozy a réussi à "polariser" l'opinion publique en parvenant à "orchestrer la colère du peuple", et à donner "l'impression qu'il se trouve au-delà de l'élite politique parisienne déconnectée". Mais "que fait quelqu'un comme lui quand il atteint le but de sa carrière, doit montrer des résultats et ne peut plus jouer les rebelles?", demande-t-il aussitôt.

"Cela ne va pas être une campagne électorale honnête", prédit le Süddeutsche Zeitung, autre quotidien allemand de centre-gauche, selon qui les candidats à l'élection vont jouer sur les peurs des Français.Le quotidien espagnol El Pais note que Sarkozy "se recentre" et cherche à lisser ses aspects "les plus neo-libéraux". Même son de cloche dans le Volkskant (Pays-Bas), selon qui Sarkozy "travaille à une image plus tolérante", ou dans le Bergens Tidende (Norvège), qui parle d'un appel du pied vers les centristes.Sarkozy est donc "encore loin d'avoir gagné l'élection" face à Ségolène Royal, ne sachant "toujours pas comment aborder" sa concurrente, tranche le Standard autrichien (centre-gauche), qui voit dans la présidentielle française "une des compétitions politiques les plus excitantes de l'an 2007".

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