Le spectre des délocalisations hante moins les esprits bruxellois

La menace des délocalisations s'éloigne un peu pour Bruxelles. C'est le résultat d'un sondage réalisé par la Chambre de commerce et d'industrie de la capitale (CCIB). L'enquête a été réalisée en juin auprès d'environ 150 patrons bruxellois. «L'Echo» vous en dévoile les grandes lignes en exclusivité.

(l'écho) Il y a un an, 25% des entreprises se déclaraient prêtes à plier bagage. Aujourd'hui, 23% des patrons envisagent de déplacer à court ou moyen terme une partie de leurs activités hors de la capitale. Le chiffre reste élevé. Mais la tendance est encourageante. Les menaces de délocalisation doivent aussi être relativisées. Elles ne traduisent pas forcément des projets concrets. «L'année dernière, le thème des délocalisations était à la mode. Aujourd'hui, on en parle moins. Ce calme explique peut-être le recul des intentions de délocalisations», estime Olivier Willocx, le directeur de la CCIB.

Depuis plusieurs mois, une «task force relocalisations» a été créée au sein de l'Agence bruxelloise pour l'entreprise (ABE). En collaboration avec d'autres organismes pararégionaux, elle est chargée d'identifier les entreprises qui risquent de quitter Bruxelles en décelant les signes annonciateurs. Elle est surtout chargée d'y apporter des solutions. S'il reste du pain sur la planche, son action n'a sans doute pas été inutile...

Au total, 69% des entreprises interrogées se sentent apparemment bien dans leurs murs (notre graphique ci-contre). L'attractivité de la Wallonie faiblit, de même que les craintes de délocalisations hors de Belgique. Par contre, le nombre de patrons lorgnant la Flandre augmente. Notons que 7,9% des entreprises réfléchissent à déménager leur implantation tout en restant dans la capitale.

Avertissement

Par ailleurs, le sondage de la CCIB a valeur d'avertissement pour le gouvernement bruxellois. 43,75% des patrons interrogés sont peu ou pas du tout confiants vis-à-vis de l'exécutif dirigé par Charles Picqué. C'est 4% de plus qu'il y a un an. Près de 30% sont neutres et un peu plus de 26% sont confiants. La politique économique du gouvernement régional est mieux notée: 52% sont (très) satisfaits contre 47% d'avis négatifs. Mais c'est le plus mauvais score depuis 2001. «Le gouvernement bruxellois s'autocritique beaucoup, on y a parlé d'ambiance négative. De plus, beaucoup ont l'impression que rien ne bouge. Tout cela érode la confiance», juge Olivier Willocx.

La cote des différentes personnalités qui composent l'exécutif est partagée. Le ministre-président Charles Picqué (PS), également en charge du Commerce extérieur, et le ministre de l'Emploi et de l'Economie, Benoît Cerexhe (CDH), sont ex aequo en tête mais en baisse. Le ministre du Budget et des Finances, Guy Vanhengel (VLD), suit sur la troisième marche du podium. Sa note recule également. La ministre de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), est quatrième. Mais sa popularité est en hausse.

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