"Les banques américaines pas encore sauvées"

Les banques américaines, à l'origine de la crise mondiale actuelle, ont annoncé pour le deuxième trimestre des résultats honorables, voire brillants, mais ne sont pas pour autant sorties d'affaire, avertissent les experts qui citent deux nouvelles bombes à retardement...

(afp) - Dans la moisson de résultats de la période avril-juin, le contraste a été flagrant entre les grands établissements financiers du pays et les banques régionales, dont nombre ont encore affiché des pertes.

Les quatre mastodontes qui ont émergé sur les ruines fumantes du système financier américain ont dégagé des profits colossaux: 2,7 milliards de dollars pour JPMorgan Chase, 3,2 milliards pour Bank of America et Wells Fargo et même 4,3 milliards pour le plus mal en point, Citigroup.

"Ces résultats viennent de la banque d'investissement" et non de l'activité classique de prêts, si cruciale pour l'activité économique, résume Cesare de Novellis, analyste chez Meeschaert New York. Ils ont été permis par la forte remontée des Bourses et le regain d'activité sur les marchés obligataires, qui ont dopé les revenus dans le courtage, a-t-il relevé.

L'euphorie actuelle pourrait n'être qu'un feu de paille car les grandes banques risquent de buter prochainement sur la montée des impayés, qui affecte déjà les comptes de leurs concurrentes régionales. Ces dernières, à l'instar de KeyCorp et SunTrust, ont encore enchaîné les pertes au deuxième trimestre.

Les banques régionales connaissent déjà une explosion des défaillances, surtout dans les Etats frappés de plein fouet par la récession et la crise du crédit, comme la Californie et la Géorgie. Un nombre record de 72 banques ont été fermées depuis janvier, contre 25 sur l'ensemble de 2008.

Charles Geisst met en garde contre deux nouvelles bombes à retardement pour les grandes banques: elles "sont aussi largement exposées aux risques de non remboursement sur des cartes de crédit mais aussi dans les prêts de l'immobilier commercial".

Selon l'universitaire, ces établissements "ne vont pas pouvoir continuer de se régaler de la banque d'investissement très longtemps".

 

 

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