Les Bourses mondiales toujours déprimées au terme d'une semaine noire

Les marchés boursiers poursuivaient leur recul vendredi, au terme d'une semaine noire pour les investisseurs de la planète, les risques pesant sur l'économie mondiale ayant fini par faire plonger les marchés des sommets auxquels ils s'étaient récemment hissés.A Wall Street, les contrats à terme permettant de mesurer la tendance avant l'ouverture officielle des échanges faisaient craindre une nouvelle séance de repli, alors que l'indice Dow Jones a déjà cédé 3,27% depuis le début de la semaine, ce qui constitue pour l'instant sa pire chute hebdomadaire depuis mars 2003 et l'intervention en Irak.

(afp) En Europe, l'ambiance était également morose à la mi-séance, Londres perdant 0,24%, Francfort 0,94% et Paris 0,46% vers 12H30 GMT.Les Bourses européennes se sont éloignées elles aussi de leurs sommets pluriannuels voire historiques qu'elles avaient touchés ces dernières semaines, l'indice paneuropéen Eurostoxx 50 subissant son pire recul hebdomadaire depuis mars 2003.Fortement touchée depuis mardi comme les autres places des pays émergents, Moscou subissait un nouveau plongeon de 6,38%.

En Asie, Tokyo a reculé encore de 1,35%, portant son repli sur la semaine à 5,34%. Sydney a perdu 0,42%, Séoul 0,20% et Manille 1,56%.Hong Kong a en revanche regagné 0,49% et Shanghaï, dont la chute de près de 9% avait déclenché la tourmente mondiale mardi, s'est reprise de 1,23%.L'euphorie des marchés, qui avaient grimpé de façon quasi-ininterrompue depuis le printemps 2006, portés par la progression des bénéfices des entreprises et une frénésie de rachats et fusions de sociétés --comme l'a illustré lundi l'annonce d'une offre de rachat record (45 milliards de dollars) par des fonds d'investissements--, a laissé place à l'inquiétude.

Au coeur des préoccupations: la croissance américaine qui devrait tomber selon les économistes entre 2 et 2,5% cette année, après 3,3% en 2006, et une série de mauvaises nouvelles ces derniers jours, dont l'évocation d'une possible récession aux Etats-Unis par l'ancien patron de la banque centrale américaine Alan Greenspan, ont alimenté l'onde de choc sur les marchés."Les incertitudes macroéconomiques à l'étranger rendent les investisseurs prudents. De grandes fluctuations vont vraisemblablement se poursuivre à court terme", a indiqué Ron Rodrigo, de la société de courtage Unicapital Securities à Manille.La chute des Bourses "illustre à quel point les valeurs de certains placements avaient été gonflées par l'abondance des liquidités", indiquent les analystes de la banque française BNP Paribas, qui estiment que "la révision en baisse des perspectives de la croissance américaine" va conduire à une remontée de la prime de risque et un accroissement de la volatilité sur les marchés.

De l'avis général, ces turbulences risquent de persister tant que l'incertitude dominera sur la gravité du ralentissement économique aux Etats-Unis, où les prochaines données sur le marché de l'emploi, attendues dans une semaine, seront scrutées avec attention par les opérateurs.Mais la chute générale des marchés pourrait aussi donner l'occasion à certains investisseurs de racheter en masse des actions, en pariant sur une remontée qui leur permettrait d'empocher d'importantes plus-values.

Ainsi à Tokyo, "les actions vont rebondir la semaine prochaine parce qu'elles ont déjà touché un plus bas", s'est risqué à prédire Kenichi Azuma, stratège chez Cosmo Securities.

Photo Belga

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