Les Bourses mondiales toujours en berne malgré un rebond à Shangai

Les marchés boursiers reculaient encore fortement mercredi en Asie et en Europe, au lendemain de chutes spéculaires liées à des craintes sur la Chine et la croissance américaine, même si les spécialistes voient derrière ces turbulences une correction plutôt que le début d'un krach.

(afp) En Europe, les principaux marchés ont ouvert en forte en baisse, mais réduisaient leur recul à la mi-journée, Londres perdant 0,88%, Bruxelles 1,79%, Paris 0,63% et Francfort 0,91% à 11H30 GMT. Au même moment Zurich cédait 0,65%, Madrid 0,73%, Stockholm 0,91% et Moscou 2,12%.

En Asie, Tokyo, deuxième Bourse mondiale, a terminé sur une chute de 2,85%, Hong Kong de 2,46%, Séoul de 2,56%, Sydney de 2,69% et Manille de près de 8%.Singapour a cédé 3,72%, Bangkok 1%, tandis que Bombay perdait 4,01% à 11H30 GMT.De son côté, la Bourse de Shanghai, qui avait subi mardi sa plus lourde chute depuis 1996 (-8,84%), est repartie à la hausse pour clôturer sur une progression de 3,94%.Certains investisseurs ont en effet profité de la chute des cours pour rafler des actions d'entreprises chinoises à bas prix, conformément à l'adage boursier selon lequel "il faut acheter au son du canon et vendre au son du clairon".Et les marchés à terme, où se négocient des contrats qui permettent d'évaluer la tendance avant l'ouverture des échanges à Wall Street, laissent espérer un net rebond des indices boursiers américains, proche de 1% pour le Dow Jones.Les marchés boursiers mondiaux avaient essuyé de lourdes pertes mardi, Wall Street subissant sa pire séance depuis septembre 2001 et les attentats du World Trade Center (-3,29% pour le Dow Jones et -3,86% pour le Nasdaq), dans une réaction en chaîne provoquée par des rumeurs sur des mesures des autorités chinoises risquant de faire éclater une bulle spéculative, la Bourse de Shanghaï ayant flambé de 130% en 2006.Des propos, lundi, de l'ex-gourou de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan évoquant un risque de récession aux Etats-Unis ont mis le feu aux poudres. La chute de Shanghai et la situation en Afghanistan ont accru la nervosité ambiante.

Pour François-Xavier Chauchat, chef économiste de la société de Bourse parisienne CA Cheuvreux, les turbulences sont surtout dues à des prises de profits après des hausses spectaculaires de certains placements vedettes. Il ne faut pas craindre selon lui un krach généralisé, l'environnement économique restant bon."Les parties de la cote qui avaient fait le plus monter les marchés actions ces derniers mois comme les marchés émergents, les valeurs cycliques au sens très large (nldr: secteurs dont l'activité est très sensible à l'évolution de la croissance), et les petites valeurs, étaient très vulnérables à des prises de profits, et c'est ce qui se passe ce moment", a-t-il confié à l'AFP.Même constat pour Dominic Rossi, spécialiste des marchés au sein de la société de gestion britannique Threadneedle, pour qui "les chutes ne sont pas liées à des événements économiques"."Les frayeurs des investisseurs en Chine ne vont rien changer aux conditions économiques (mondiales)" et "le contexte macroéconomque reste favorable" aux marchés boursiers, a-t-il estimé mercredi.Le Premier ministre chinois a lui-même appelé mercredi les investisseurs à ne pas céder à la panique."Je pense que ce mini-krach sera vite terminé", a prédit de son côté Najeeb Jarhom, économiste chez Fraser Securities à Singapour, qui s'attend à un rebond général des marchés lorsque les prix des actions seront suffisamment bas pour déclencher une chasse aux bonnes affaires.

Photo Belga

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