Les Bourses s'envolent, dopées par le discours de Bernanke

Les principales Bourses européennes et la Bourse de New York étaient en nette hausse mercredi, les investisseurs se montrant soulagés par le discours semestriel du président de la Banque centrale américaine, qui pourrait laisser présager d'une pause prochaine dans le cycle de hausse des taux de la Fed.

(afp) Mercredi à la mi-séance, l'indice Dow Jones de la Bourse de New York grimpait de 1,38% tandis que le Nasdaq gagnait 1,36%. Peu avant la place de Londres a clôturé sur un bond de 1,69%, celle de Paris de 2,37% et celle de Francfort de 2,64%.

Ailleurs en Europe, Amsterdam a pris 2,49%, Zürich 1,91%, Milan 2,27%, Bruxelles 1,96%, Madrid 2,37% et Lisbonne 1,07%.

En très légère hausse dans la matinée, les places européennes ont nettement accéléré après le début à 16H00 du discours du président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, devant la commission financière du Sénat.

Celui-ci a jugé que "la croissance de l'activité économique (américaine) devrait se modérer à un rythme proche de la croissance potentielle cette année et l'an prochain", ce qui devrait "aider à limiter les pressions inflationnistes sur la durée".

"Nous sommes dans une fourchette de taux d'intérêt beaucoup plus normale aujourd'hui. Je pense que cela commence à avoir un effet", a-t-il souligné en évoquant les effets des hausses de taux successives sur la croissance.

"A mon avis, nous pourrions voir l'inflation continuer de décliner en 2008", a-t-il encore ajouté.

Des propos qui ont rassuré des investisseurs inquiets depuis plusieurs mois d'une accélération de la hausse des prix aux Etats-Unis, sur fond d'envolée des prix du pétrole.

"Les investisseurs ont déduit de ce discours que la Réserve fédérale pourrait lever le pied sur les taux et qu'il pourrait y avoir une pause dans le resserrement monétaire, car Ben Bernanke a laissé entendre qu'il allait davantage considérer l'impact de la croissance (sur la hausse des prix), et pas seulement l'inflation", a expliqué un stratégiste parisien.

Ce discours "permet de penser (...) que la Fed devrait se prononcer pour un statu quo" sur ses taux prochainement, "alors que les effets de la politique monétaire menée jusqu'à présent sont désormais dans le 'pipeline' ", a confirmé Nathalie Dezeure, économiste chez Natexis Banques Populaires.

Pour autant, la pause attendue pourrait ne pas intervenir dès la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Fed, le 8 août.

Si "Bernanke a clairement préparé le terrain pour une future pause (...) nous ne pensons pas que nous en soyons déjà là", a souligné dans une note Rob Carnell, d'ING, faisant référence à l'évocation par Bernanke de la nécessité de gérer "certains risques", notamment "la cherté de l'énergie et d'autres matières premières".

Ces risques seront pris en compte par la Fed, a-t-il assuré.

La Fed ne souhaite ni "trop resserrer sa politique monétaire", ni "s'arrêter trop tôt", a-t-il encore souligné.

Son intervention de ce mercredi a éclipsé les chiffres mensuels de l'inflation américaine, qui ont laissé pourtant poindre les tensions inflationnistes persistantes, ont remarqué des analystes.

Les prix à la consommation ont progressé comme attendu de 0,2% en juin par rapport à mai, mais l'indice de base, calculé hors alimentation et énergie et très suivi par la Fed, a augmenté de 0,3%, contre 0,2% estimé.

Sur un an, les prix à la consommation globaux ont progressé de 4,3%, leur plus forte hausse depuis octobre 2005, tandis que l'indice de base gagnait 2,6%, sa plus forte progression depuis décembre 2001.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés