"Les dettes publiques représentent le plus grand risque pour l'économie mondiale"

50,7% des participants au débat: "Back to the future: the next global crisis", estiment que les dettes publiques constituent la principale menace au redressement ultérieur de l'économie mondiale.

davos (L'Echo/Detijd) - Lorsqu'après le débat sur le thème " Back to the future: the next global crisis ", la salle fut autorisée à voter, la réaction fut sans équivoque : 50,7% des participants estiment que les dettes publiques constituent la principale menace au redressement ultérieur de l'économie mondiale.

Un sondage identique réalisé sur le site de réseau social LinkedIn en est arrivé à la même conclusion.

Kenneth Rogoff, professeur à Harvard, fit remarquer que dans l'histoire économique, une crise bancaire est souvent suivie, quelques années plus tard, d'une crise des obligations d'État. Le spécialiste ne voit pas pourquoi il en serait autrement cette fois.

Comment résoudre le problème de la dette publique ? Au sein du panel, Barney Frank, membre parlementaire démocrate du Massachussets, annonça clairement : " Nous devons réduire nos dépenses militaires. Nous avons été trop longtemps dirigés par un président qui pensait pouvoir financer deux guerres tout en réduisant les impôts à cinq reprises", justifia-t-il. Il estime tout aussi nécessaire de sabrer dans les subsides agricoles et le secteur aéronautique.

" Pourquoi ne pas vendre des actifs ?
", s'interrogea le public lors d'un précédent débat mercredi matin. L'État américain est notamment propriétaire de superficies énormes de terres agricoles. David Rubenstein, autrefois conseiller du président américain Jimmy Carter, rétorqua que sur le plan politique, une telle mesure n'était pas envisageable." Tant qu'à l'étranger, on achète nos obligations d'État à faible rendement, tout ira bien ", rassura-t-il. " S'ils achetaient massivement des terrains ou d'autres actifs américains, alors la donne changerait fondamentalement. " L'expert pense que le parlement américain votera prochainement une loi l'empêchant.


Que faire alors ?
" We will inflate our way out ", répondit Rubenstein. L'inflation reprendra de la hauteur et les anciennes dettes perdront leur valeur. Pendant ma carrière politique, j'ai allégé les dettes de 19%, rappela-t-il sèchement. Et croyez-moi : ce n'était pas chose facile. "
Nouriel Roubini, professeur à Columbia, épingle lui aussi le problème de la dette publique. Il estime que cette année, des investisseurs interviendront sur les marchés obligataires, qui pousseront les taux vers le haut. Il coûtera dès lors plus cher aux gouvernements de contracter et de renouveler leurs dettes.


Bart Haeck

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