Les pays de la zone euro refusent de se contenter d'un seul siège au FMI

©REUTERS

Les pays de la zone euro ont majoritairement refusé lundi soir de se contenter d'un siège unique au sein du FMI pour faire de la place aux nations émergentes.Forts de leur nouvelle puissance économique, les grands pays émergents en Asie, comme la Chine, l'Inde ou la Corée du Sud, ou en Amérique du Sud, comme le Brésil ou l'Argentine, remettent en cause le système de répartition des pouvoirs né après la Deuxième guerre mondiale.

  • "La discussion que nous avons eue n'a pas encore abouti", a reconnu M. Juncker devant la presse à l'issue d'une réunion du forum des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.
  • "Il y a ceux qui comme le commissaire (européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia) et moi-même avons plaidé en faveur d'un siège unique pour la zone euro", a-t-il ajouté.
  • Mais "cette proposition n'a pas déclenché une salve d'applaudissements", a-t-il concédé, ajoutant que le débat se poursuivrait dans les mois à venir.


M. Almunia a affirmé que certains Etats de la zone euro "sont pour" la représentation unique, mais a laissé entendre que beaucoup y étaient encore opposés.

Forts de leur nouvelle puissance économique, les grands pays émergents en Asie, comme la Chine, l'Inde ou la Corée du Sud, ou en Amérique du Sud, comme le Brésil ou l'Argentine, remettent en cause le système de répartition des pouvoirs né après la Deuxième guerre mondiale. Ils demandent ainsi à avoir plus voix au chapitre au sein des institutions telles que le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque Mondiale.

Ce débat existe aussi à l'identique pour des enceintes comme les forums du G7 ou du G8, de plus en plus concurrencés par l'avènement du G20 (ou les pays émergents sont assis autour de la table), voire du Conseil de sécurité de l'ONU.

Pour leur faire davantage de place au FMI, un débat a été lancé ces dernières années sur l'opportunité de rationaliser la représentation des différents pays européens en la limitant par exemple à un siège au nom de la zone euro ou de l'Union européenne.

Une réforme leur a été promise pour y répondre à l'horizon 2011. Mais, pour l'heure, rien de concret n'est sorti des discussions. Une chose est sûre: les pays industrialisés vont devoir trouver un moyen de réduire leur influence.

En jeu: les 24 sièges du conseil d'aministration du FMI, son instance exécutive pour la gestion courante, où les Européens sont aujourd'hui très largement représentés. Ils rechignent aujourd'hui à abandonner ce pan de souveraineté.

  • "La chaise unique pour la zone euro, ce n'est pas un projet qui soit aujourd'hui ni réaliste ni mûr", a estimé la ministre française de l'Economie Christine Lagarde à Bruxelles.

 

  • "Il y aurait trop de modifications à faire intervenir, et il n'y a pas une europolitique qui puisse être représentée au sein du Fonds monétaire aujourd'hui", a-t-elle ajouté, en faisant valoir que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso s'était montré plus réaliste que M. Almunia sur la question.


Les pays européens "sont-ils prêts à avoir une représentation unique de l'Union européenne (au FMI)? Honnêtement, je ne le pense pas", a ainsi déclaré plus tôt dans la journée M. Barroso à Bruxelles. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse organisée en vue du sommet des grandes puissances du G8, cette semaine en Italie.

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