"Les prépensions ne sont pas un cadeau"

©Jerry De Brie

Le président du parti socialiste a réagi énergiquement aux propos du ministre des Finances selon lequel il n'est pas question que l'Etat finance les prépensions chez Carrefour.

(belga)- "Avec nous, on ne touchera pas aux prépensions", a dit samedi le président du PS. Elio Di Rupo a été interrogé sur les déclarations du vice-premier ministre MR Didier Reynders en marge d'une conférence de presse du PS sur ses priorités pour l'Europe.
Celui-ci a dit vendredi qu'il n'est pas question que l'Etat finance les prépensions chez Carrefour. "L'entreprise est bénéficiaire, qu'elle assume", a-t-il déclaré.

Il a rappelé que pour beaucoup de travailleurs licenciés il n'y a pas d'autre espoir que la prépension.

"Avec nous, on ne touchera pas aux prépensions. Les prépensions ne sont pas un cadeau", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le président du PS a rappelé que pour son parti il fallait revenir à l'esprit de la loi sur les intérêts notionnels et ne pas faire des cadeaux fiscaux aux entreprises qui n'investissent pas et ne font aucun effort en matière d'emploi.

REACTION DES SYNDICATS

  • Le discours de Didier Reynders est "cynique et indécent". Une fois de plus, monsieur Reynders se trompe de cible: en portant ce genre de discours, il met la pression sur les travailleurs", explique le SETCa, pour qui le système de prépension reste "l'ultime solution pour permettre aux travailleurs plus âgés de quitter l'entreprise dignement et de continuer à vivre décemment".

Le syndicat invite le ministre à s'attaquer plutôt aux intérêts notionnels.

  • "Nous ne comprenons pas la logique de la réaction de Didier Reynders", réagit la CGSLB. "D'un côté, il reconnaît à l'entreprise le droit de restructurer (et donc de licencier), de l'autre côté il dit qu'elle ne peut pas recourir aux prépensions. Que va-t-elle faire? Elle va quand même mettre les travailleurs au chômage".

 

REACTION DE JOELLE MILQUET

"Il est important de protéger les gens", pour Joëlle Milquet.
Elle a rappelé qu'elle s'attache à obtenir une liaison entre les baisses d'impôts ou de cotisations sociales accordées aux entreprises et les garanties qu'elles apportent en terme d'emploi. Elle se demande si M. Reynders s'inscrit dans cette perspective.
La ministre a qualifié d'étonnantes les déclarations de son collègue et a rappelé que le gouvernement avait déjà pris des mesures visant à rendre plus chères les prépensions pour les entreprises en fonction de l'âge du travailleurs concernés.
Elle souligne aussi que les déclarations de Didier Reynders sont dangereuses . "Il parle d'un point de vue strictement budgétaire sans tenir compte de la protection des travailleurs. Si on refuse le recours aux prépensions, cela pourrait aboutir à des licenciements secs", dit-elle. 

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés