Les principales banques centrales s'inquiètent de l'inflation

L'économie mondiale devrait continuer de croître de façon soutenue en 2007 mais les grandes banques centrales devront surveiller l'inflation, toujours alimentée par la hausse du pétrole, a dit lundi en leur nom le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet.

(afp) L'économie mondiale semble pouvoir coller à la "croissance très, très dynamique" des dernières années, même si le rythme d'expansion en 2007 devrait être légèrement moins soutenu qu'en 2006, a déclaré M. Trichet à Sydney. "Il y a des risques qu'il faut prendre en compte si nous voulons que cette croissance dynamique se poursuive et soit durable", a-t-il déclaré à des journalistes à l'issue d'une réunion du groupe des gouverneurs des dix grandes banques centrales (G10) dont il est le porte-parole.

"Nous sommes sans doute face au risque que l'inflation puisse créer un environnement qui ne permette pas une croissance durable", a-t-il averti, laissant ainsi entrevoir la possibilité de nouvelles hausses des taux d'intérêt.

La BCE devrait relever son taux directeur d'un quart de point début décembre à 3,5%, ce qui provoque déjà de nombreuses critiques en France, en pleine campagne présidentielle, où les responsables politiques l'accusent de ne pas assez se soucier de la croissance. L'éventualité d'un resserrement du coût du crédit n'est pas non plus exclue aux Etats-Unis, après une longue phase de statu quo.

Au Japon, la banque centrale (BoJ) devrait elle aussi prochainement serrer la vis. Dans ce pays, le loyer de l'argent est fixé à 0,25% depuis le 14 juillet, date à laquelle la BoJ, proclamant la fin de la déflation qui rongeait l'économie japonaise depuis l'été 1998, avait aboli la politique de taux zéro menée depuis 2001.

Les deux prochaines décisions de politique monétaire sont programmées pour le 19 décembre et le 18 janvier. Les banques centrales ont relevé leurs taux d'interêt cette année dans l'objectif de juguler l'inflation, liée à l'augmentation du prix du pétrole.

Celle-ci demeure, selon M. Trichet, un sujet d'inquiétude malgré une récente accalmie des cours. Les prix du pétrole sont une raison supplémentaire pour ne pas "laisser place à la complaisance face à l'inflation", a-t-il insisté, soulignant que les banques centrales, en particulier la BCE, se devaient de rester "très vigilantes".

Les marchés voient généralement dans ces termes utilisés une hausse imminente des taux dintérêts, la prochaine étant attendue en décembre. "Nous avons assisté à une baisse des prix du pétrole conformément à ce que les experts avaient annoncé mais nous pensons qu'il y a toujours une inquiétude dans ce domaine", a ajouté M. Trichet. "Bien sûr, les prix du pétrole pourraient encore augmenter. Plusieurs indicateurs relèvent également que les augmentations passées du pétrole et des matières premières sont toujours dans les tuyaux et n'ont pas encore été répercutées sur les prix à la consommation", a déclaré le président de la BCE.

Début novembre, M. Trichet avait déjà déclaré lors d'une conférence de presse à Francfort qu'"une grande vigilance (restait) nécessaire" afin de combattre les risques inflationnistes. Depuis décembre 2005, la BCE a augmenté ses taux à cinq reprises, les portant de 2% à 3,25%.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés