Les prix du pétrole rebondissent après le net recul de la veille

Les prix du pétrole remontaient vendredi matin sur un mouvement de correction après le net repli de la veille, provoqué par la découverte d'un complot terroriste aérien et la reprise d'une partie de la production de Shell au Nigeria.

(afp) A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre progressait de 66 cents à 74,66 dollars lors des échanges électroniques vers 12H10.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord prenait 71 cents à 75,99 USD sur l'échéance de septembre.

Les prix ont chuté de plus de 2 dollars jeudi à la suite du complot, déjoué par la police britannique, visant à faire exploser des avions en vol entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. L'alerte terroriste a fait craindre un recul du trafic aérien, et donc de la demande de kérosène, produit dérivé du pétrole brut.

De nombreuses annulations de vols au départ et à destination du Royaume-Uni ont en effet été annoncées depuis jeudi.

Selon Victor Shum, analyste au cabinet de consultants en énergie Purvin and Gertz, les cours subissaient un rebond technique vendredi, dans un contexte géopolitique toujours troublé.

"Le marché avait perdu pas mal de terrain hier en réagissant fortement à cette tentative d'attentat déjouée et aux craintes de répercussions sur la confiance des voyageurs et la consommation de carburant", a-t-il observé.

"Les marchés vont rester volatils en réagissant à court terme à l'actualité internationale", a-t-il estimé.

Le net repli des cours jeudi s'expliquait également par la reprise d'une partie de la production de Royal Dutch Shell au Nigeria, après la réparation de la fuite découverte le 21 juillet sur l'oléoduc reliant le champ Bonny dans le Delta du Niger (Sud).

La fuite avait réduit la production de brut de 180.000 barils par jour. Selon Shell, huit stations de pompage sur neuf ont été remises en service, ce qui va permettre la reprise d'une production de 173.000 barils par jour une fois le processus de redémarrage des sites terminé. La neuvième station, toujours en cours d'inspection, ouvrira plus tard.

Cette nouvelle ramène les réductions de production actuelles dans le Delta à environ 620.000 barils par jour, soit 24% de la production nigériane, à la suite des attaques menées depuis le début de l'année par les séparatistes de la région.

Toutefois, a souligné Michael Davies, analyste à la maison de courtage Sucden, "malgré ces événements, le marché reste soutenu par les problèmes récurrents au Moyen-Orient et au Nigeria".

De nouveaux enlèvements jeudi dans le sud du Nigeria portent à onze le nombre d'employés du secteur pétrolier enlevés depuis une semaine dans cette région riche en or noir.

En outre, les combats entre le Hezbollah et Israël se poursuivaient vendredi au Liban, de nouveaux bombardements israéliens ayant fait au moins 12 morts.

Le marché attendait aussi la décision de BP sur la poursuite ou non d'une partie de la production du champ de Prudhoe Bay en Alaska, le plus gros des Etats-Unis, pendant la durée des réparations du réseau d'oléoducs, affecté par la corrosion.

Par ailleurs, dans son rapport mensuel d'août paru vendredi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a maintenu inchangées ses prévisions de croissance de la demande de pétrole en 2006 et 2007, à respectivement +1,4% et +1,9%.

Les prévisions de demande de la Chine ont été revues à la hausse à +6,5% en 2006 et +5,5% en 2007.

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