Les prix du pétrole rebondissent après le net recul des stocks américains

Les prix du pétrole ont progressé mercredi en réaction au recul trois plus important que prévu des stocks d'essence aux Etats-Unis, alors que l'approvisionnement du pays est déjà menacé par la fermeture du champ de Prudhoe Bay en Alaska.

(afp) A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a rebondi jusqu'à 78,43 dollars, tout près de son record historique de 78,64 dollars atteint lundi. Il progressait de 68 cents à 78,23 dollars vers 18H20.

A New York, le baril de "light sweet crude" est lui aussi remonté de 94 cents à 77,25 dollars, mais restait encore loin de son record de la mi-juillet (78,40 dollars).

Dans son rapport hebdomadaire, le département américain de l'Energie (DoE) a fait état mercredi d'un recul généralisé des stocks la semaine dernière aux Etats-Unis.

Pour l'essence, la baisse de 3,2 millions de barils a surpassé de trois fois les attentes des analystes, et était la plus marquée depuis la semaine close le 14 avril. La demande de ce carburant est restée proche de ses niveaux records, à 9,7 millions de barils par jour.

Quant aux réserves de brut, elles ont baissé de 1,1 million de barils, conformément aux attentes, et restaient de 4,3% supérieures à leur niveau d'il y a un an.

Plus que ces chiffres, c'est la perspective de fortes diminutions des stocks la semaine prochaine, conséquence de la fermeture du champ de Prudhoe Bay en Alaska, qui inquiétait surtout le marché.

"Nous pourrions voir des baisses de forte ampleur des stocks de brut et d'essence la semaine prochaine sur la côte ouest (des Etats-Unis), à cause de Prudhoe Bay", a estimé Bruce Evers, analyste à la banque Investec.

La moitié de la production de Prudhoe Bay a déjà été arrêtée, soit 200.000 des 400.000 barils par jour que le plus gros champ pétrolier du pays fournit. Sa fermeture a été décidée le week-end dernier après la découverte d'une fuite sur l'un de ses oléoducs.

Un porte-parole du groupe BP, qui gère le champ, a admis mercredi que la réparation de l'oléoduc "prendra des mois". Les experts tablent sur un arrêt au moins jusqu'en janvier.

BP cherche un moyen de permettre au champ de continuer à produire partiellement pendant la durée des réparations, mais le marché est sceptique.

La Société Générale anticipe ainsi une fermeture pendant six mois, qui provoquera une perte de 36 millions de barils de brut au cours des 90 premiers jours, puis une perte supplémentaire de 21 millions de barils au cours des trois mois et demi qui suivront.

Un avis partagé par Bruce Evers, qui juge pour sa part possible que la production de Prudhoe Bay ne retrouve pas son niveau normal avant le printemps 2007.

Ces problèmes ont accru les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial, déjà sous pression en raison des interruptions de production au Nigeria et en Irak, des tensions au Moyen-Orient et de la saison des ouragans dans l'Atlantique.

Au Nigeria, où la production est déjà amputée de 800.000 barils par jour, soit 30% de l'offre du pays, quatre étrangers travaillant sur un navire de ravitaillement ont été enlevés dans la nuit de mardi à mercredi.

"A chaque fois que quelqu'un est kidnappé, cela nous rappelle combien la situation au Nigeria est instable", relève Bruce Evers, notant aussi les violents combats qui ont opposé mercredi les soldats israéliens au Hezbollah dans le sud du Liban.

"Aucun doute que nous verrons (un baril à) 80 dollars. La question est: allons-nous le voir à 90 dollars?", s'interroge-t-il, avant de juger cela très possible.

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