Les prix du pétrole reculent malgré de nouveaux enlèvements au Nigeria

Les prix du pétrole ont reculé vendredi, le soulagement procuré au marché par l'affaiblissement de la tempête tropicale Chris l'ayant emporté sur les craintes que les nouveaux enlèvements au Nigeria provoquent de plus amples pertes de production.

(afp) A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre baissait de 71 cents à 74,75 dollars vers 16H15 GMT (18H15 à Paris).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 34 cents à 76,22 USD sur l'échéance de septembre.

"Les prix du pétrole continuent d'évoluer autour de 75-76 dollars le baril, malgré la dissipation des craintes que la tempête tropicale Chris menace la production de pétrole américaine dans le golfe du Mexique", a remarqué Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays.

"Les prix restent soutenus par les solides fondamentaux sur l'offre et la demande et par la géopolitique, et il y a très peu de risque qu'ils redescendent", a-t-il estimé.

D'après le dernier bulletin du Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami (Floride), la tempête tropicale Chris a été rétrogradé en simple dépression tropicale.

Elle était vendredi "mal organisée dans le sud-est des Bahamas" et se dirigeait vers l'ouest à une vitesse de 55 km/heure seulement. Elle devrait atteindre Cuba dans la soirée et le golfe du Mexique, où se concentrent de nombreuses infrastructures pétrolières américaines, dimanche soir, selon le NHC.

Pour Michael Davies, analyste à la maison de courtage Sucden, la baisse en intensité de Chris "réduit le risque de dommages causés aux infrastructures pétrolières et gazières du golfe du Mexique". "Cependant, la tempête a servi à rappeler que, après la saison cyclonique dévastatrice de l'an dernier, le risque de hausse des prix est grand pendant la saison des ouragans", a-t-il observé.

Le marché restait également très préoccupé par l'instabilité politique au Nigeria, où trois Philippins employés d'une société pétrolière ont été enlevés vendredi dans le sud du pays, au lendemain de l'enlèvement d'un ressortissant allemand et de son chauffeur.

Aucun groupe n'a jusqu'à présent revendiqué les enlèvements, les derniers d'une série frappant depuis le début de l'année le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique et sixième mondial.

"Avec toutes les guerres faisant rage au Moyen-Orient, le marché avait négligé les nouvelles venant du Nigeria", a observé Phil Flynn, analyste chez Alaron Trading. "Nous nous inquiétions tous des tensions au Moyen-Orient mais au Nigeria, nous sommes déjà en train de perdre du pétrole", a-t-il souligné.

Royal Dutch Shell, plus grosse compagnie pétrolière au Nigeria, a indiqué vendredi à l'AFP que la société commune SPDC (société commune dont Shell détient 30%), avait vu sa production de brut amputée de 675.000 barils par jour an raison des attaques menées par des séparatistes depuis le début de l'année et d'une fuite d'oléoduc survenue fin juillet.

Au total, la Société Générale estime les coupures de production à environ 750.000 barils par jour tandis que Barclays les évalue à plus de 800.000 barils par jour, soit 30% de l'offre du pays.

En outre, de nouveaux bombardements au Liban, au 24ème jour d'un conflit qui ne montre aucun signe de répit, ont soutenu les cours vendredi, de même que l'évocation d'une possible guerre civile en Irak.

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