Les USA ne pourront emprunter indéfiniment à ce rythme

Ben Bernanke

"Nous continuons à prévoir que l'activité économique connaisse son point bas, puis reparte à la hausse, dans le courant de cette année", a rappelé Ben Bernanke le président de la Réserve fédérale (Fed).

Bruxelles (afp) - Le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Ben Bernanke, a affirmé mercredi au Congrès que l'Etat ne pourrait "pas emprunter indéfiniment" au rythme actuel pour financer le déficit public, et appelé la classe politique à s'attaquer aux sources de ce déficit.

Dans ses remarques préliminaires avant son audition par la commission du Budget de la Chambre des représentants, M. Bernanke a rappelé le niveau élevé des engagements financiers de l'Etat fédéral.


"Avec un ratio de dette par rapport au PIB (produit intérieur brut, NDLR) déjà élevé, nous ne pourrons pas continuer à emprunter indéfiniment pour satisfaire ces demandes", a-t-il souligné. Ce ratio devrait atteindre 70% en 2011, a-t-il rappelé.

Les sommes colossales que le Trésor américain emprunte pour financer un déficit budgétaire record (13% du PIB en 2009, d'après les estimations du Congrès) ont suscité des inquiétudes à la fois des marchés et de responsables politiques américains et étrangers.
"Ces dernières semaines, les rendements sur les titres du Trésor à long terme et les emprunts immobiliers à taux fixe (qui leur sont corrélés, NDLR) ont augmenté. Il apparaît que cela reflète les inquiétudes quant aux vastes déficits de l'Etat fédéral mais aussi d'autres causes", a expliqué M. Bernanke.

La Réserve fédérale s'est lancée en mars dans une politique d'achats de titres de dette de l'Etat, contestée jusqu'au sein de ses rangs, où certains responsable dénoncent la confusion des rôles entre le Trésor et la Fed.

Pour M. Bernanke, l'intervention du Congrès et de l'exécutif est déterminante. "Même au moment où nous prenons des mesures pour contrer la récession et les menaces sur la stabilité de notre système financier, maintenir la confiance des marchés financier exige qu'en tant que nation, nous commencions à programmer maintenant le rétablissement de l'équilibre budgétaire", a-t-il insisté.

M. Bernanke a par ailleurs livré aux parlementaires le dernier état des prévisions économiques de la banque centrale.
"Nous continuons à prévoir que l'activité économique connaisse son point bas, puis reparte à la hausse, dans le courant de cette année", a-t-il rappelé.

Mais, selon lui, "même une fois une reprise apparue, le taux de croissance de l'activité économique réelle devrait rester sous son potentiel de long terme pendant un moment".

Il a constaté, comme l'indiquent les derniers indicateurs économiques publiés aux Etats-Unis, que la consommation a été "grosso modo stable depuis le début de l'année", que le moral des ménages "s'est amélioré", que le marché du travail restait "mauvais", et que le marché immobilier "a montré quelques signes indiquant qu'il avait touché son plus bas".

Le dirigeant de la Fed a enfin commenté les mesures entreprises par les banques du pays pour redresser leurs finances, après la publication début mai des résultats des "tests de résistance" auxquelles elles avaient été soumises.

"Les progrès considérables que ces groupes ont faits pour satisfaire les exigences en matière de réserves de capitaux et leur réussite dans la levée de capitaux privés, montre que les investisseurs sont en train de retrouver une plus grande confiance dans le système bancaire", a-t-il relevé.
 

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés