Malgré la crise, les banques continuent d'octroyer des crédits

©Thomas De Boever

La tempête financière, dont personne n'avait prévu l'ampleur avant l'été, n'empêche pas les institutions financières belges de continuer d'octroyer des crédits aux entreprises, et en particulier aux PME. "Les crédits aux entreprises restent orientés à la hausse, même si les institutions financières deviennent plus vigilantes pour certains secteurs", affirme Jan Vanhevel, le président de la Fédération des entreprises financières (Febelfin). Selon lui, les 139.000 collaborateurs du secteur ne doivent pas trop s'en faire pour leur emploi: s'il y aura des réajustements dans les effectifs, une politique de recrutement prudente devrait permettre d'éviter un séisme social.

Photo de Stefaan Decraene, futur président dela Febelfin

Bruxelles (L'Echo) - Le secteur financier belge fait front aux bourrasques financières. Febelfin, la fédération patronale du
secteur, se veut en tout cas modérément optimiste, affirmant notamment que les entreprises financières n'ont à aucun moment
coupé le robinet du crédit aux entreprises. Au contraire même, puisque les lignes de crédits, une activité de base pour les
banques, sont en augmentation: elles ont dépassé les 130 milliards d'euros en octobre, contre 120 milliards en décembre 2007.

"La crise est une source d'inquiétude, mais il reste une marge de croissance pour les banques. Celles-ci se montrent toutefois
plus vigilantes envers des secteurs spécifiques comme le textile ou l'immobilier spéculatif, où des entreprises sont en
difficulté", explique Jan Vanhevel, président de Febelfin, qui cèdera mardi le flambeau à Stefaan Decraene, président du comité
de direction de Dexia Banque.

Le monde financier bénéficie également de la prudence légendaire du Belge, qui tient à son bas de laine comme à la prunelle de
ses yeux et évite de crouler sous les dettes. Fin 2007, l'encours des crédits à la consommation plafonnait ainsi, chez nous, à
891 euros par personne. C'est 51 euros de plus qu'en 2006, mais cela reste nettement inférieur à la moyenne des 15 pays membres
de l'"ancienne" Union européenne (2.159 euros). De même, l'encours des crédits hypothécaires n'atteint que 10.709 euros, pour
12.493 en moyenne dans l'Europe des Quinze. Le taux d'endettement des ménages belges (49,7% du PIB) est d'ailleurs l'un des
plus bas d'Europe. A l'inverse, le taux d'épargne des Belges (13,7% du revenu disponible) est supérieur à la moyenne européenne
(10,2%).

Autant d'éléments qui, selon les responsables de Febelin, devraient permettre d'éviter des drames sociaux. Même si 2009 sera
"une année difficile" pour le secteur, contraint de "faire mieux (pour le client) avec moins (de personnel)", la prudence des
entreprises du secteur dans leur politique de recrutement devrait permettre d'éviter de "grandes secousses", assure Jan
Vanhevel. Tout juste devraient-elles réduire certaines activités comme la banque d'investissement ou les introductions en
bourse (IPO).

"Mais je ne crois pas qu'il faille s'attendre à un choc important comme en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, où les banques
d'affaires ont licencié massivement", ajoute Vanhevel.

Un petit bémol toutefois: la part croissante, sur le marché belge, de sociétés ayant leur centre de décision à l'étranger:
elles représentaient l'an dernier 77,3% (et 24,8% de l'actif total) des entreprises du secteur.

Avec ses 139.100 travailleurs répertoriés en 2007, le secteur financier est le 5ème employeur du pays.

Luc Van Driessche

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