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Marché CO2: les entreprises belges vont devoir se serrer la ceinture

La Belgique va devoir revoir à la baisse les quotas d'émissions de CO2 qu'elle comptait allouer durant la période 2008-2012 à ses industries polluantes participant au marché européen de CO2.

(belga) Comme pressenti en décembre dernier déjà, l'exécutif européen demandera ce mardi à la Belgique de réduire de quelque 7% le nombre de quotas qu'elle comptait originellement allouer. L'effort demandé des autorités belges est dans le même ordre de grandeur que celui appliqué pour la première vague d'évaluation, début décembre. L'exécutif européen avait alors demandé à dix pays de comprimer globalement leur nombre de quotas de 7% également.

Selon les exigences de la Commission européenne, les entreprises belges participant au marché européen de CO2 disposeront chaque année entre 2008 et 2012 de quotas pour 58,5 millions de tonnes de CO2, contre les 63,3 millions prévus. En 2005, année de lancement de la bourse européenne de quotas d'émissions, celles-ci avaient utilisé quelque 55,4 millions de tonnes de CO2.

S'appuyant sur ce constat, Inter-Environnement Wallonie (IEW) estimait lundi que la Commission européenne aurait pu aller encore plus loin dans ses exigences. "C'est un premier pas, mais insuffisant", selon Mikaël Angé, chargé des questions d'énergie auprès de la fédération environnementale wallonne. "Pour répondre au défi climatique, il faudra de toute façon aller plus loin. Il faut se préparer dès maintenant à investir pour créer un tissu industriel énergétiquement efficient". La politique environnementale ayant été régionalisée, ce sont les Régions qui devront dans l'immédiat se mettre d'accord sur la manière de satisfaire la réduction exigée par l'exécutif européen.

"La commission (fédérale) Climat va faire des propositions. S'il n'y a pas d'accord, ce sera alors au comité de concertation Régions-Etat fédéral de se saisir de la question", confie le ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen, qui s'attend à des négociations difficiles. Le ministre wallon rappelle que la Wallonie assume déjà, en regard du protocole de Kyoto, un effort de réduction de ses émissions de CO2 de -7,5%, soit plus que la Flandre, laquelle ne doit réduire les siennes que de 5,2% seulement.

Dans un communiqué, la Fédération des Entreprises de Belge (FEB), a déploré de son côté les nouvelles exigences de la Commission européenne qui, selon elle, représente un "danger pour l'industrie belge". "Celle-ci figure déjà en tête du peloton mondial sur le plan de l'efficience énergétique, si bien que seules des améliorations marginales peuvent être attendues pour l'avenir", indique la FEB.

Celle-ci ajoute qu'entre 1990 et 2004, l'industrie belge a déjà réduit ses émissions de l'ordre de 11%, alors que les secteurs résidentiel et des transports augmentaient les leurs de 12 et 34% respectivement. "Par le biais d'un durcissement du plan d'allocation belge, l'industrie se voit aujourd'hui présenter la facture des performances médiocres du secteur résidentiel et du secteur des transports", conclut la FEB.

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