"Perspective" d'une fin de récession en 2009

Dans son témoignage semestriel devant le Congrès, M. Bernanke est resté prudent dans son diagnostic, notant que l'économie américaine était toujours prise dans une "récession grave".

(afp) - Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a tenté de rassurer les parlementaires mardi en annonçant qu'il entrevoyait une "perspective raisonnable" d'une fin de la récession aux Etats-Unis cette année, avec l'aide de l'Etat.

Dans son intervention semestrielle devant le Congrès, le président de la Fed est resté prudent, notant que l'économie américaine était toujours engluée dans une "récession grave".

"Si les mesures prises par l'administration, le Congrès et la Réserve fédérale réussissent à faire revenir une certaine forme de stabilité financière - et dans ce seul cas, à mon avis -, il y a une perspective raisonnable que la récession s'achève en 2009 et que 2010 soit une année de reprise", a-t-il estimé.

La récession, qui a officiellement débuté en décembre 2007, a eu ces derniers mois des effets dévastateurs sur l'activité et sur l'emploi. Le chômage concernait ainsi en janvier 7,6% de la population active, son plus haut niveau depuis septembre 1992. Et il restera élevé jusqu'en 2011, selon M. Bernanke.

La Fed prévoit "qu'un rétablissement de l'économie après la récession actuelle prenne probablement plus de deux ou trois ans", a rappelé ce dernier.

"La détérioration du marché du travail, les pertes considérables de richesse en capital et biens immobiliers, et le resserrement du crédit ont pesé sur la confiance des consommateurs et leurs dépenses", a-t-il constaté.

Ce diagnostic a été confirmé par la publication de l'indice de confiance des consommateurs américains mardi, qui a atteint en février son plus bas niveau depuis que l'institut Conference Board le mesure, soit depuis 1967. Selon cet institut, 40,5% des ménages s'attendent à ce que la conjoncture se dégrade dans les six mois à venir, et 50,8% qu'elle reste tout aussi mauvaise.

M. Bernanke a indiqué qu'il comptait sur les diverses initiatives des pouvoirs publics pour aider l'économie et les marchés financiers.

"Il est essentiel que nous continuions à compléter la relance budgétaire par une action forte de l'Etat pour stabiliser les institutions financières et les marchés", a-t-il insisté.

Il y a une semaine, la Fed a dit prévoir une contraction du produit intérieur brut comprise entre 0,5% et 1,3% en 2009, avant une croissance de 2,5% à 3,3% en 2010.

Le président de la banque centrale a souligné que ces prévisions étaient "soumises à une incertitude considérable" et que le risque était plutôt de les abaisser encore que de les relever.

Selon lui, l'activité économique des Etats-Unis pourrait être touchée par une aggravation de la crise chez leurs grands partenaires commerciaux.

"Un autre risque provient de la puissance de destruction de ce qu'on appelle la spirale négative auto-alimentée, dans laquelle de mauvaises conditions économiques et financières se renforcent les unes les autres", a-t-il souligné.

M. Bernanke a réaffirmé la détermination de la Fed à intervenir sur les marchés du crédit. Il a aussi rappelé que le Trésor mettait en place à partir de mercredi les nouvelles conditions de recapitalisation des banques en difficulté.

Les mesures prises pour aider le marché immobilier et le système bancaire "devraient stabiliser plus encore nos institutions et marchés financiers, améliorant la confiance et contribuant à rétablir le flux du crédit nécessaire pour permettre la reprise économique", selon lui.

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