Pour le G7, la volatilité excessive des changes est "indésirable"

"La volatilité excessive et la variation désordonnée des taux de change sont indésirables pour la croissance économique" ont déclaré les ministres des Finances des pays riches du G7.

(afp) Les ministres des Finances des pays riches du G7 réunis aux Etats-Unis ont jugé vendredi "indésirable" la "volatilité excessive" des taux de change, alors que l'euro évolue à des sommets face au dollar et au yen.

"Nous réaffirmons que les taux de change doivent refléter les facteurs fondamentaux de l'économie", ont estimé les représentants des Etats-Unis, du Japon, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, de l'Italie et du Canada, à l'issue de leur réunion de printemps à Washington.

"La volatilité excessive et la variation désordonnée des taux de change sont indésirables pour la croissance économique. Nous continuons de surveiller étroitement les marchés de change et de coopérer au besoin", ont-ils ajouté.

L'euro a dépassé vendredi le seuil de 1,35 dollar, au plus haut depuis janvier 2005, et s'approche de son record absolu du 30 décembre 2004, à 1,3666 USD. La monnaie unique évolue aussi à des sommets face au yen, au-dessus de 161 yens pour un euro.

Cette situation inquiète les entreprises exportatrices européennes qui voient ainsi leur compétitivité érodée.

La devise européenne s'est appréciée de 12,3% en douze mois et de 3% depuis la mi-mars par rapport au billet vert, en raison de la bonne santé de l'économie de la zone euro et de la remontée des taux d'intérêt de la BCE, qui rend les placements financiers plus avantageux dans les pays de la composent.

Comme il l'avait déjà fait lors de ses précédents sommets, le forum du G7-Finances a aussi invité vendredi la Chine à laisser s'apprécier davantage sa monnaie. Le yuan est maintenu à un niveau artificiellement bas par les autorités chinoises qui veulent ainsi soutenir les exportations nationales.

"Dans les économies émergentes qui bénéficient d'importants et grandissants excédents des comptes courants, particulièrement la Chine, il est souhaitable que les taux de change effectifs évoluent de manière à ce que les ajustements nécessaires s'opèrent", souligne-t-il.

Dans un déclaration séparée, le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson s'est montré plus ferme.

"Il est crucial que la Chine agisse à présent avec un sentiment d'urgence renforcé" sur ce dossier, a-t-il déclaré. Les Etats-Unis voient dans le faible niveau du yuan l'une des raisons de leur déficit commercial abyssal et des délocalisations d'emplois industriels que cela induit.

Concernant la faiblesse du yen, les grands argentiers de la planète se sont aussi bornés à répéter ce qu'ils avaient dit lors de leur précédente rencontre en Allemagne en février.

Ils ont estimé que "la reprise au Japon se poursuit et devrait continuer". "Nous pensons que les conséquences de ces évolutions seront prises en compte par les acteurs des marchés", ont-ils ajouté, appelant ainsi implicitement à une appréciation du yen, dont le bas niveau inquiète tout particulièrement les Européens.

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