Quaden appelle à réduire la taille des banques

Guy Quaden, gouverneur de la Banque Nationale ©BELGA

Le Gouverneur de la Banque Nationale juge excessif le poids du système financier dans l'économie. «Si une banque est too big to fail, c'est qu'elle est too big», a souligné Guy Quaden.

Bruxelles (L'Echo) - Réduire la taille des banques et leur exposition à l'économie. L'idée est manifestement à l'ordre du jour dans les pays où la crise financière s'est fait le plus durement sentir. «Il est nécessaire de redimensionner à la baisse la taille des activités financières dans nos économies. Le poids du secteur financier est appelé à se réduire. La grande taille des banques est quelque chose auquel on doit réfléchir et que l'on doit faire évoluer», a lancé hier Guy Quaden, le gouverneur de la Banque nationale (BNB), au Cercle de Lorraine.

Ces propos font écho à ceux tenus la semaine dernière par les représentants de la Banque nationale Suisse qui réfléchit aux moyens de limiter la taille d'UBS et Credit Suisse, les deux principaux établissements de la Confédération.

L'objectif est clair. «Si une banque est too big to fail, c'est qu'elle est too big», a souligné Guy Quaden. «Le système bancaire belge est hautement concentré. Les principales banques du pays concentrent 80 % des dépôts, crédits et capitaux en Belgique», souligne le récent rapport Lamfalussy qui appelle à une réforme de l'architecture financière. Le comité Lamfalussy propose de réformer l'organisation de la supervision financière en créant notamment un comité des risques systémiques qui chapeauterait la BNB et la CBFA. Cela n'est pas vraiment du goût de Guy Quaden. Celui-ci se montre réticent face à la venue d'un nouvel acteur dans le paysage financier, et juge excessive la mise en cause des régulateurs dans la crise.

«Il y a eu beaucoup de commentaires sur les contrôleurs mais la responsabilité première n'est pas de ce côté-là, mais du côté de ceux qui ont dirigé les institutions et ceux qui en étaient propriétaires, à savoir les actionnaires y compris les plus petits.»

Selon le gouverneur de la banque centrale, le retour de la confiance dans le système financier ne sera pas uniquement le fait des injections de liquidités et de capitaux. Elle reviendra surtout lorsqu'une «nouvelle culture bancaire» se mettra en place. Et de pointer ainsi du doigt les établissements de crédit pour avoir au cours des dernières années favoriser l'investissement de court terme tout en cherchant des «taux de rendement irréalistes à deux chiffres». L'assainissement du système s'annonce d'autant plus délicat qu'il n'est pas sûr, selon lui, que les «erreurs» du passé qui ont conduit à la crise financière ne seront pas répétées.

L'occasion d'épingler les banques américaines pressées de rembourser les fonds publics afin de retrouver leur entière liberté sur la politique de versement des bonus. Aux Etats-Unis comme en Europe, les banques sont loin d'être tirées d'affaire car elles vont devoir faire face à la détérioration de l'économie et à la hausse des défaillances des entreprises et des particuliers.

Cela n'empêche pas Guy Quaden d'anticiper déjà la sortie de crise. «L'activité économique pourrait reprendre dès le début 2010, mais le marché du travail ne va s'améliorer que fin 2010, voire début 2011», estime-t-il. Il met aussi en garde face au danger que représente le poids des déficits budgétaire pour les économies. «Les gouvernements ont accepté des déficits budgétaires importants pour sauver les banques. Mais ce n'est pas soutenable sur le long terme», indique-t-il. La réduction du déficit, tel sera bien le prochain défi à relever.

 

K.T.

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