Records du pétrole après l'offensive d'Israël au Liban (update)

Les prix du pétrole ont battu jeudi de nouveaux records historiques à New York et à Londres, dépassant les 76 dollars le baril, dopés notamment par l'offensive militaire israélienne au Liban.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en août a grimpé vers 16H20 GMT jusqu'à 76,60 dollars le baril, un nouveau record.

Peu avant, le prix du Brent coté à Londres atteignait 76,31 dollars le baril, sur l'échéance d'août, nouveau record également.

Vers 16H30 GMT (18H30 à Paris), le baril coûtait 76,25 dollars à New York, en hausse de 1,30 dollar par rapport à la clôture de la veille, et 76,14 dollars à Londres, en progrès de 1,75 dollar.

Les prix ont grimpé en flèche en raison de l'offensive israélienne au Liban. Au total, 48 personnes ont été tuées et 87 blessées depuis le début de cette offensive mercredi, déclenchée après la capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens à la frontière entre le Liban et Israël.

"On pourrait se demander ce que le Liban a à voir avec le pétrole. En fait, cela ajoute aux tensions régionales", a expliqué Bruce Evers, analyste à la banque Investec.

"On dirait que ça explose aux quatre coins de la carte du monde... Le marché avance plein gaz, et la seule direction, c'est la hausse", a renchéri Ed Meir, analyste chez Man Financial.

Outre l'offensive israélienne au Liban, Bruce Evers citait les tensions entre l'Iran et les puissances occidentales sur le nucléaire, les troubles et les explosions de pipelines au Nigeria, l'effondrement des efforts de rapprochement diplomatique entre les deux Corée, et les attentats en série en Irak.

La presse nigériane a rapporté jeudi que les séparatistes du delta du Niger avaient saboté des pipelines de la société pétrolière italienne Agip, causant des pertes de production de 120.000 barils par jour. Le groupe a démenti, en faisant état d'un dommage "insignifiant" survenu ces derniers jours.

Après avoir campé sur ses positions et répété que l'Iran ne renoncerait pas à son droit à un programme nucléaire, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a averti jeudi que son pays pourrait abandonner le Traité de non-prolifération (TNP), après l'annonce du renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

"La crise avec l'Iran ne sera pas résolue à mon avis avant la fin du mois d'août. Et tant qu'elle traîne en longueur, elle constitue un risque de hausse des prix sur le marché", a estimé Tony Nunan, de Mitsubishi Corp's à Tokyo.

Les tensions géopolitiques s'enveniment alors que l'équilibre précaire entre offre et demande reste un facteur fondamental de hausse des cours, l'appétit des consommateurs ne diminuant pas malgré les prix records.

La demande américaine en essence est proche de ses plus haut historiques et la demande des industriels chinois pour le brut ne cesse de grimper. Or, avec des capacités excédentaires de production particulièrement réduites, l'offre mondiale est sans cesse sous la menace d'une perturbation propre à faire déraper les prix.

Les courtiers surveillent ainsi la saison des ouragans aux Etats-Unis. Il y a moins d'un an, dans un contexte comparable de forte demande, l'ouragan Katrina avait endommagé les raffineries américaines du golfe du Mexique et fait grimper les prix au-delà de 70 dollars pour la première fois.

"La saison des ouragans sur la côte Atlantique des Etats-Unis ne fait que s'échauffer", prévenait Michael Davies, analyste à la maison de courtage Sucden.

"Il ne manque plus qu'un ouragan ce week-end et le tableau sera complet", a lancé Bruce Evers.

photo: belga

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