Retraités, les baby-boomers pèseront encore sur les 50 prochaines années

Le départ à la retraite, puis la mort des baby-boomers nés après guerre va peser dans les 50 prochaines années sur l'emploi, les besoins liés à la dépendance, les activités autour de la mort, mais de façon différente selon les pays de l'UE, indique une étude de l'Ined.

(afp) Si le phénomène du baby-boom en Europe, après guerre et jusqu'au début des années 70, n'a pas été la première vague de forte natalité dans l'histoire de la démographie, "aucune n'a eu sa durée ni son ampleur", ni "n'a marqué l'histoire sociale et économique d'un si vaste ensemble humain", souligne Alain Monnier, chercheur à l'Ined (Institut national d'études démographiques) dans son étude publiée mardi.Mais tous les pays concernés, situés surtout dans le quart Nord-Ouest du continent, ne vont pas vivre de la même façon la fin des baby-boomers.En 2005, il y avait encore dans trois pays (France, Royaume-Uni, Espagne) plus de jeunes entrant dans la vie active que de départs en retraite.

Vers 2010, l'Union européenne sera en équilibre de ce point de vue, puis chaque pays va évoluer différemment mais tous seront en déséquilibre en 2030.La France frôlera cependant l'équilibre, grâce à une fécondité depuis les années 80 relativement élevée, le Royaume-Uni suivra, mais en Allemagne et en Italie, où le baby-boom fut modeste et la fécondité très basse dans les dernières décennies du 20ème siècle, le rapport entre les 20-24 ans et les 60-64 ans sera le plus faible des pays concernés.La retraite des baby-boomers "peut créer les conditions d'une réduction du chômage mais ne la garantit pas", souligne l'Ined, notamment parce qu'il n'y a pas forcément adéquation entre les emplois laissés vacants et les demandes d'emploi.Le déséquilibre entre pays voisins peut créer des opportunités d'emploi, souligne Alain Monnier, par exemple pour les jeunes Français.Comment accueillir ces nouvelles personnes âgées? Là encore, la situation est très différente, selon les "modèles culturels" mais aussi le manque de structures.La proportion, parmi les plus de 75 ans, de personnes vivant en institution est la plus forte aux Pays-Bas, Luxembourg, Irlande, Belgique et France, où elle dépasse les 12%. Elle est la moins élevée en Pologne (2%), en Espagne et Italie (4%). Entre ces extrêmes, se situent les pays nordiques, l'Autriche, le Royaume-Uni ou le Portugal (entre 6 et 8%).Pour maintenir ce taux d'accueil, la capacité des institutions devrait augmenter de plus de 60%. A moins que d'autres schémas dominent, comme l'aide au maintien à domicile.

Car on vit plus vieux mais aussi en meilleure santé et le nombre d'années vécues sans incapacités tend à augmenter plus vite que l'espérance de vie.Ainsi, si l'entrée en institution se faisait à partir de 80 ans, le nombre de places nécessaires diminuerait de l'ordre de 25% dans l'Europe des 15, plus fortement parmi les nouveaux accédants.Cela correspond d'ailleurs aux souhaits des personnes âgées et à l'orientation des politiques de la vieillesse.Finalement, les baby-boomers vont mourir.

Stable depuis une cinquantaine d'années, le nombre de décès va augmenter dans les pays du baby-boom, de l'ordre de 40% en France ou en Italie par exemple.Les implications socio-économiques seront importantes, souligne l'Ined, concernant le système de santé lié à la fin de vie et le secteur d'activités autour de la mort, dont le chiffre d'affaires est actuellement en France de 1,5 milliard d'euros.

Photo Belga

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