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Sévère récession mais pas de dépression au menu de 2009

Peter Vanden Houte, chief economist d'ING

La crise n'est pas terminée. Les banques n'ont amorti que 1 000 milliards de USD sur les 1 400 milliards de pertes estimées . Autant dire que les investisseurs auront encore leur part de mauvaises nouvelles.

Bruxelles  (L'Echo) -   Après avoir indiqué 76 points en octobre, le Baromètre des Investisseurs ING est descendu à 72 points en novembre, atteignant ainsi un nouveau niveau plancher. Ce baromètre, reflet de la tendance des investisseurs belges, et qui est marqué depuis quelque temps déjà par le pessimisme, mesure chaque mois la confiance des investisseurs particuliers belges précise ING à l'initiative de cette enquête réalisée avec l'Université de Gand et les quotidiens L'Echo et De Tijd.

Le monde industrialisé ne connaîtra pas de dépression. Mais bien une sévère récession. Combien de temps durera-t-elle ? Selon des observations faites par le FMI, une récession dure en moyenne 3 trimestres. Mais celle qui a pour origine une crise financière prend davantage de temps. Elle peut se prolonger durant 8 trimestres, a relevé le FMI. De son côté, Alan Greenspan, le prédécesseur de Ben Bernanke à la présidence de la Fed, avait déjà dit que « la condition première pour parvenir au terme de l'actuelle crise passe par une stabilisation des prix de l'immobilier aux Etats-Unis ».

Chef-économiste auprès de la banque ING (Belgique), Peter Vanden Houte, qui présentait lundi les prévisions économiques pour les mois à venir, estime que « le bout du tunnel ne sera visible qu'au début de 2010, tout en précisant que le pire devrait, lui, être passé à partir du 3e trimestre de 2009 ». Durant les six prochains mois au moins, les marchés resteront volatils. « Si l'on compare le comportement des Bourses à celui de l'évolution des taux d'intérêt, on constate, explique l'économiste, que la volatilité prend fin deux ans après le début d'une détente des taux d'intérêt (voir infographie). » « Mais, rassure Peter Vanden Houte, les économies occidentales ne connaîtront pas une crise pareille à celle qu'a connue le Japon dans les années 1990. » Parce qu'elle craignait encore l'inflation, la Banque du Japon avait relevé de 175 points de base son taux directeur au début des années 1990, alors que le marché avait entamé sa chute. De plus, les responsables politiques avaient attendu trois ans avant de mettre au point un plan budgétaire de stimulation et pratiquement huit ans pour enfin se décider à recapitaliser un secteur bancaire englué dans une crise profonde.

 

La crise n'est pas terminée. Et d'ailleurs, fait remarquer Peter Vanden Houte, « les banques n'ont amorti que 1 000 milliards de USD sur les 1 400 milliards de pertes estimées ». Autant dire que les investisseurs auront encore leur part de mauvaises nouvelles. D'autres dépréciations sont à prévoir. De plus, l'effondrement des marchés d'actions et immobiliers aura un effet de richesse négatif qui amputera la croissance de 1,5 % à 2 % aux USA et de 0,5 % en Europe. Bien que la croissance puisse être encore positive dans les principaux pays pour l'ensemble de cette année, en revanche elle sera négative l'an prochain, à l'exception de la croissance en Chine. Dans ce pays, elle tombera tout de même de 9,8 % en 2008 à 7,5 % (voir infographie).

Ces prévisions tiennent compte des divers plans destinés à soutenir le secteur financier et à revigorer les économies dans le monde. Comme on peut le constater, ces plans ne suffiront pas à assurer une croissance positive pour la plupart des économies. C'est que Peter Vanden Houte n'est pas certain que toutes les mesures prises créeront une croissance plus forte dans l'immédiat. « On a beau, dit-il, favoriser les capacités de production pour l'industrie. Encore faudrait-il que les taux d'utilisation s'améliorent. De même, pour la construction résidentielle, une multiplication des incitants ne signifie pas pour autant que la demande se regonflera, alors que l'offre reste abondante. »

Dans cet environnement incertain, l'économiste voit les taux directeurs de la Fed pointer vers 0 %, et ceux de la BCE se diriger vers le seuil de 1 % en 2009. Du côté des taux longs qui ont reculé en anticipation d'une déflation, et qui sont déjà « trop bas » à son sens, Vanden Houte ne les voit pas remonter rapidement. Mais à terme, alors que les taux bas actuels créeront de l'inflation, ils repartiront à la hausse. Sur le dollar enfin, il ne voit pas de mouvements importants dans les trimestres à venir.r

Marc Collet

 

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