Thaïlande: le pouvoir reste intransigeant

Dimanche les affrontements ont repris de plus belle en Thaïlande entre le pouvoir en place et les "chemises rouges" anti-gouvernementales. Les manifestants demandent sans succès une médiation de l'ONU.

Bruxelles - (AFP) - Les manifestants thaïlandais qui se heurtent à l'armée autour de leur camp retranché à Bangkok, ont demandé dimanche des négociations sous l'égide de l'ONU. Le pouvoir a immédiatement opposé une fin de non-recevoir à l'idée d'une médiation des Nations unies.

Les deux camps se sont nettement radicalisés depuis le lancement, jeudi, de l'opération militaire pour asphyxier "la zone rouge", en plein coeur de la capitale. Les soldats font désormais feu à tir tendu autour de ce quartier habituellement très fréquenté par les touristes.

Les "rouges" ont de leur côté renforcé la défense de leur "camp retranché", pendant que certains d'entre eux menaient des opérations de guérilla urbaine avec cocktails Molotov, pierres, engins incendiaires et parfois armes à feu.

Ces violences ont coûté la vie à 29 personnes, toutes des civils, depuis vendredi, portant le bilan humain à 59 morts et environ 1.700 blessés depuis le début de la crise à la mi-mars.

une difficile semaine s'annonce

La semaine qui débute s'annonce très perturbée dans la capitale. Les transports publics ne fonctionneront pas normalement. Et la rentrée scolaire a été reportée d'une semaine pour préserver la sécurité des élèves.

Le premier ministre, Abhisit Vejjajiva, qui avait proposé en vain une solution politique, adopte désormais un discours de fermeté, avertissant que les opérations militaires allaient se durcir.L'armée a renforcé le blocus de la zone occupée. Le pouvoir a cependant renoncé dans l'immédiat à y imposer le couvre-feu.

De leur côté, de nombreux protestataires se sont dits prêts à affronter un éventuel assaut général des forces de l'ordre, après avoir érigé des barricades de barbelés, de pneus arrosés de kérosène et de bambous autour de la zone de plusieurs kilomètres carrés. Les plus déterminés se disent disposés à "lutter jusqu'à la mort".

Les autorités ont demandé dimanche à la Croix-Rouge à participer à l'évacuation des manifestants qui souhaitaient quitter la "zone rouge", où resteraient environ 6.000 personnes selon le gouvernement.  "Les enfants, les femmes et les vieillards peuvent partir librement. Les hommes doivent prouver qu'ils ne sont pas armés", a indiqué le porte-parole de l'armée.

L'un des principaux chefs des "chemises rouges" a lancé un appel solennel au roi Bhumibol Adulyadej, qu'il a présenté comme le "seul espoir" pour régler une crise qui s'éternise.

Agé de 82 ans et hospitalisé depuis septembre, le monarque ne s'est pas publiquement exprimé sur la crise.

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