"Une reprise en trompe-l'oeil en Chine"

Avec des ventes de détail en hausse, des records pour les prêts bancaires et un marché boursier en pleine embellie, la Chine représente la majeure partie de la croissance mondiale, mais certains analystes élèvent des doutes. Ils estiment que la Chine seule ne peut compenser la chute de la consommation aux Etats-Unis.

(afp) - "La Chine ne peut pas être la locomotive de la croissance mondiale", a déclaré cette semaine en Australie l'économiste américain Nouriel Roubini, devenu célèbre pour avoir prédit la crise financière.Roubini a prévu que

  • le taux de chômage aux Etats-Unis grimperait à 11% cette année,
  • les consommateurs resteraient timides
  • la production industrielle continuerait à chuter -- des défis immenses que la Chine n'est pas en mesure de contrer.

La demande américaine a longtemps tiré la croissance chinoise et malgré ses 1,3 milliard d'habitants, le géant asiatique n'est pas en mesure de prendre seul la relève.

  • La consommation des ménages chinois représentait 15% des niveaux américains l'année dernière.
  • A chaque fois que la consommation américaine augmente d'un pour cent, celle des Chinois devrait croître de 6,5%, selon l'économiste de Merrill Lynch à Hong Kong T.J. Bond.

La consommation chinoise a bondi de 9,6% l'an dernier et Bond prévoit que sa croissance devrait rester à peu près nulle dans les deux prochaines années.

De plus, nombreux sont ceux, y compris au sein du ministère des Finances, qui redoutent que l'argent du plan de relance et les prêts record du premier semestre -- 7.370 milliards de yuans -- servent surtout à acheter des actions et à nourrir le marché immobilier plutôt que d'aider l'économie réelle.

HAUSSE DU SCEPTICISME SUR LES DONNEES CHINOISES

Les données du PIB pour le deuxième trimestre du gouvernement central ne correspondent pas à celles données par les 31 provinces et municipalités avec, pour ces dernières, un montant total de 15.380 milliards de yuans, soit 10% de plus que les chiffres du Bureau national des statistiques.

Des sourires ironiques ont accueilli l'annonce par le Bureau que les salaires moyens urbains avaient augmenté de 13% au premier semestre, a rapporté le Global Times, quotidien filiale du Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste.

Dans un article intitulé "Bogus Boom" ("Faux boom"), l'ancien conseiller du Trésor américain John Makin a jugé que les chiffres peuvent être trompeurs, car Pékin mesure le PIB en comptant l'argent versé aux entreprises publiques ou aux provinces, alors que les fonds n'ont pas encore été utilisés effectivement.
"Par conséquent, le gouvernement peut facilement contrôler le rythme de la croissance par le rythme auquel il libère les fonds", a écrit Makin.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés