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Une sortie de crise l'an prochain?

Jean-Claude Trichet, président de la BCE et Ben Bernanke, président de la Fed ©EPA

La reprise économique mondiale est désormais attendue en 2010, mais son ampleur devrait rester limitée selon les économistes, d'autant que si la production redémarre, le chômage semble, lui, appelé à durer.

(afp) - Une sortie de crise l'an prochain ? Au cours des dernières semaines, plusieurs hauts responsables ont dit croire à cette hypothèse.

Ainsi, pour la Réserve fédérale américaine (Fed), le produit intérieur brut des Etats-Unis devrait voir sa chute ralentir cette année, avant de "progresser lentement" en 2010.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet,  a dit de son côté tabler sur une reprise dans le courant de l'année prochaine.


Après le sommet du G20, le président du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, avait aussi confirmé le scénario d'une reprise au premier semestre 2010, à partir des Etats-Unis.

Plus récemment, le président américain Barack Obama a distingué des "lueurs d'espoir" pour l'économie de son pays.

La reprise sera faible

Si reprise il y a l'an prochain, elle sera faible, s'accordent en tout cas les économistes. "La crise financière a été tellement profonde que ce serait normal d'assister à un rebond, mais il ne faut pas s'attendre à un fort redémarrage de l'économie", juge ainsi Kenneth Rogoff, professeur à l'université d'Harvard.


En outre, une grande incertitude demeure quant à l'état de santé réel du système financier, estime cet ancien économiste en chef du FMI, pointant "le manque de transparence" avec lequel a été opéré son sauvetage.


Pour Michel Aglietta, économiste du Centre d'études prospectives et d'informations internationales, "quelques indices objectifs montrent que le rythme de contraction du Produit intérieur brut américain se ralentit".


Le président Obama s'est félicité de récentes évolutions encourageantes sur la stabilisation du marché immobilier, le déblocage du crédit et les plans d'assainissement du système bancaire.


Mais "il peut y avoir des mauvaises nouvelles qui relancent le pessimisme ambiant", prévient Michel Aglietta, qui s'inquiète notamment que les actifs "toxiques" des banques ne trouvent pas preneurs malgré le plan américain.


"De nombreuses entreprises vont encore faire faillite, les demandes de crédit vont augmenter et les risques liés à la montée du chômage sont élevés", ajoute l'économiste.

Le risque d'une désillusion

Certains experts redoutent même une désillusion, qui succéderait à une courte période d'euphorie. Le directeur des études économiques de la banque Natixis, Patrick Artus, pense ainsi que la demande va repartir au cours des prochains mois, sous l'effet des plans de relance, de la désinflation et d'un "rattrapage mécanique, parce qu'on est tombé très bas".


Mais cette demande, attendue "assez forte" devrait ensuite "redescendre", notamment "parce que le marché du travail va continuer de se détériorer". "Les déficits publics seront à des niveaux énormes mais on n'aura réglé aucun problème de fond", redoute l'économiste.

"On pourra parler de reprise le jour où on arrêtera de détruire des emplois", souligne de son côté Eric Heyer, de l'OFCE. Or selon lui, la croissance ne sera pas suffisante l'an prochain pour enrayer la montée du chômage.

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