USA: nouvelles inculpations dans le scandale des stock-options

Trois anciens responsables du fabricant américain de logiciels Comverse ont été inculpés de fraude mercredi pour avoir manipulé l'attribution de stocks-options, un scandale qui touche de plus en plus d'entreprises aux Etats-Unis, a indiqué le département de la Justice.

(afp) L'ancien PDG Jacob Alexander, l'ex-responsable financier David Kreinberg et l'ancien conseiller juridique William Sorin ont été inculpés "pour leur rôle dans un plan secret visant à manipuler l'attribution de millions de stock-options Comverse à eux-mêmes et à des employés", a indiqué le ministère dans un communiqué. Ils auraient "orchestré ces pratiques en antidatant illégalement les stocks-options et en exploitant une caisse noire secrète", selon le communiqué. Entre 1998 et 2002, les accusés auraient tiré plusieurs millions de dollars de ces pratiques, qui consistaient à antidater des stocks options pour faire coïncider leur attribution avec le moment où le cours des actions étaient au plus bas. En 1999 par exemple, les accusés auraient fixé le cours de l'action 35 dollars en dessous de la valeur du marché. M. Alexander s'était attribué 300.000 de ces actions "pour un profit de plus de 11 millions de dollars", selon le ministère. Le gouvernement a également saisi plus de 45 millions de dollars déposés sur deux comptes d'investissements ouverts au nom de M. Alexander. Cette mesure a été décidée en raison de sa participation supposée aux manipulations et à un "circuit de blanchiment d'argent impliquant le transfert de plus de 57 millions de dollars sur des comptes en Israël afin de dissimuler les fonds aux autorités américaines", selon le communiqué. MM. Kreinberg et Sorin devaient comparaître devant un juge new-yorkais mercredi après-midi. Un mandat d'arrêt a été émis contre M. Alexander. Les trois hommes, qui ont démissionné de Comverse le 1er mai dernier, sont également accusés d'avoir "remis aux actionnaires et au public des informations financières fausses et trompeuses", selon le communiqué du DoJ. Ces inculpations marquent un nouveau pas dans les efforts des autorités américaines pour sanctionner ce qui pourrait être un vaste scandale touchant le monde de l'entreprise. Le 20 juillet, deux anciens responsables du groupe américain de matériel de télécommunications Brocade avaient été inculpés pour avoir antidaté illégalement des stocks-options. Une centaine de sociétés américaines, dont la plus connue et sans doute le fabricant informatique Apple, sont soupçonnées d'avoir violé les réglementations boursières en vigueur en la matière. Apple a annoncé jeudi dernier qu'il allait probablement devoir réviser ses résultats financiers depuis fin septembre 2002, dans le cadre de l'enquête menée sur des irrégularités commises sur l'attribution de stock-options entre 1997 et 2001. La distribution de stock-options consiste à donner aux dirigeants d'une entreprise le droit de vendre un certain nombre d'actions par rapport à un cours donné, avec à la clé de coquettes plus-values potentielles. Si l'antidatage n'est pas en soi une pratique illégale, elle doit être clairement annoncée aux actionnaires et intégrée dans les comptes, ce que n'auraient pas fait les entreprises visées.

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