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Zone euro: accélération surprise de la masse monétaire M3 en novembre

La masse monétaire M3 a enregistré en novembre une hausse nettement supérieure aux attentes, selon des chiffres provisoires publiés vendredi par la Banque centrale européenne (BCE), confortant son analyse de risques inflationnistes toujours élevés en zone euro.

(afp) M3 a augmenté le mois dernier de 9,3% sur un an, après 8,5% en octobre. Certes, les analystes interrogés par l'agence financière AFX News tablaient dans leur consensus sur une nouvelle hausse, mais bien moins forte, de 8,7%.

Sur la période septembre-novembre, considérée comme plus significative car elle permet de lisser les fluctuations, même constat: la hausse de l'agrégat monétaire s'est élevée à 8,8% sur un an, alors que les analystes s'attendaient à ce qu'elle reste inchangée par rapport à la période août-octobre, où elle avait atteint +8,4%.

La hausse des crédits au secteur privé en zone euro n'a en revanche pas bougé, s'élevant en novembre à 11,2% sur un an, comme au mois d'octobre.

"Ceci confirme les estimations de la BCE, qui juge que la croissance de la monnaie et du crédit continuent à mettre en évidence des risques orientés à la hausse pour la stabilité des prix sur le moyen et long terme", relève Michael Schubert, analyste à la Commerzbank.

L'ampleur des liquidités monétaires mesurées par M3 et l'ascension quasi-irrésistible des crédits au secteur privé depuis plusieurs mois sont en effet deux faits cités régulièrement par les gardiens de l'euro pour expliquer que les risques inflationnistes restent élevés en zone euro, ce qui justifie les remontées successives des taux directeurs de la BCE depuis décembre 2005.

M3 continue ainsi à croître largement au dessus de son objectif à moyen terme, soit une croissance de 4,5% en moyenne sur un an.

"La croissance de M3 exagère probablement le niveau réel des pressions inflationnistes", tempère toutefois M. Schubert, qui explique que les hausses de taux de la BCE ont traditionnellement pour conséquence de donner un coup de pouce à la masse monétaire à court terme, avant de contribuer à ramener au pas l'ampleur des liquidités monétaires à plus long terme.

Le dernier tour de vis de la BCE, le sixième en un an, ne date que du début du mois. L'institut monétaire a porté son principal taux directeur à 3,50%, au plus haut depuis cinq ans. Et son président, le Français Jean-Claude Trichet, a déjà fait comprendre que la BCE devrait continuer à resserrer les conditions du crédit l'an prochain, même s'il a laissé entendre que la fin du cycle devrait être proche.

M. Schubert continue d'ailleurs à tabler sur une nouvelle hausse des taux directeurs de 25 points de base au cours du premier trimestre.

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