Cirelli prend du poids chez GDF Suez

Le groupe crée une puissante branche Énergie Europe, dont Cirelli devient patron opérationnel.

Après le rachat d’International Power, le géant de l’énergie GDF Suez poursuit sa réorganisation. La branche Énergie Europe et International (BEEI), aujourd’hui dirigée par le Belge Dirk Beeuwsaert, va être scindée. C’était "le" poids lourd du groupe: elle a réalisé, en 2010, 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur un total de 85 milliards, et 5,8 milliards d’euros d’Ebitda, plus du tiers du total engrangé par le groupe.

Mais la nouvelle branche Énergie Europe qui va être créée ne sera pas un nain, puisqu’elle couvrira bien davantage que le périmètre actuel. Et de sources syndicales, on apprend que sa direction va être confiée à Jean-François Cirelli, numéro deux du groupe, qui prend ainsi des fonctions opérationnelles. Sa désignation a en effet été annoncée au comité central d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu ce 28 juillet. "Ce n’est pas vraiment une surprise, commente une responsable syndicale. C’est une éventualité que nous avons envisagée très tôt, depuis que la création de cette nouvelle branche est en réflexion."

Le solde de la branche Énergie Europe et International (en clair, l’énergie hors Europe) est en fait constitué d’International Power, qui devient une branche à part entière et dont le pilotage continuera à être assuré par les équipes actuelles. Par conséquent Dirk Beeuwsaert va perdre ses fonctions opérationnelles. À 62 ans, il devrait rester, par contre, président d’International Power.

Le groupe a pour objectif la mise en place de cette nouvelle organisation au 1er janvier 2012.

30.000 personnes à diriger

Jean-François Cirelli, l’ex-patron de Gaz de France, conservera vraisemblablement son titre de numéro deux du groupe il est vice-président et directeur général délégué, un titre créé sur mesure lors des négociations pour la fusion entre GDF et Suez. Et il va diriger le cœur des activités du groupe.

La nouvelle branche Énergie Europe ne va, en effet, pas se contenter de chapeauter les activités en Europe de l’ancienne BEEI. Elle va aussi intégrer la branche Énergie France, qui pour des raisons d’équilibre entre Belges et Français, avait subsisté comme entité séparée lors de la création de GDF Suez. Une branche qui, à elle seule, regroupe 11.000 collaborateurs, qui viendront s’ajouter aux 17.000 de la BEEI hors grand international…

Ce n’est pas tout. La nouvelle entité devrait aussi reprendre les équipes de trading et de portfolio management (200 personnes) et une partie des activités de la branche Global Gaz et GNL, qui conservait les activités d’exploration-production et de GNL, mais transférerait à la nouvelle branche Énergie Europe les activités de vente aux grands clients et d’approvisionnement en gaz. Au total, donc, quelque 30.000 collaborateurs, qui devraient réaliser largement plus de la moitié du chiffre d’affaires du groupe et près d’un tiers de son Ebitda, avec pas loin de 5 milliards d’euros de résultat d’exploitation.

L’objectif de GDF Suez, qu’il expliquait dans un communiqué interne daté du 16 juin? Intégrer plus fortement ses activités, dans un contexte où l’intégration des marchés de l’électricité et du gaz en Europe se renforce.

Au passage, cette réorganisation devrait aussi donner plus de lisibilité au groupe, en regroupant les chiffres de ses activités dans l’énergie en Europe, qui étaient parfois un peu éclipsés par la belle croissance du groupe au "grand international".

La Belgique, un des leaders

Les changements pourraient ne pas s’arrêter là. Il est prévu en effet de supprimer un niveau hiérarchique, celui des responsables régionaux, et de nommer, à partir de fin août, les "N-1", c’est-à-dire les personnes qui rapporteront directement à Jean-François Cirelli.

Mais GDF Suez a d’ores et déjà désigné quatre pays "leaders": la France, la Belgique, la Pologne et l’Italie. Et la Belgique aura pour mission de couvrir les Pays-Bas, l’Allemagne et le Luxembourg. Un poste qui, a priori, a beaucoup de chances de rester dans les mains de Sophie Dutordoir, patronne actuelle du "Benedelux" et d’Electrabel.

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