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Le renouvelable coûtera 3,5 milliards d'ici 2020

©BELGA

Le régulateur wallon chiffre à 3,5 milliards d’euros le coût du soutien au renouvelable wallon d’ici à 2020. Il travaille sur un nouveau mécanisme destiné à éviter la formation d’une rente dans les filières vertes.

Que coûte le soutien à l’énergie renouvelable en Wallonie? Depuis plusieurs semaines, l’actualité s’est braquée sur la bulle spéculative liée au photovoltaïque. Et si, après des semaines de discussions, le gouvernement wallon est parvenu à désamorcer la bombe, il ne règle pas la dette du passé et la charge financière qui est répercutée sur la facture d’électricité des consommateurs wallons.

D’une trentaine d’euros en 2012, la surcharge liée au financement des certificats verts pour le photovoltaïque est déjà de 56 euros cette année. Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité chargé de racheter ces certificats verts au prix de 65 euros l’unité, annonce même une nouvelle surcharge de 89 euros.

Le gouvernement n’est par ailleurs toujours pas parvenu à se mettre autour de la table pour étudier une révision des niveaux de soutien pour les autres filières, notamment les éoliennes, la biomasse ou l’hydraulique. Or, les chiffres l’attestent, ces autres moyens de production d’énergie renouvelable représentent aussi un coût financier pour les consommateurs wallons qu’on chiffre à environ 50 euros par an.

D’après des chiffres que la CWaPE a calculés pour "L’Echo", sur base de certificats verts valorisés à 65 euros et en prenant comme hypothèse un parc de production stabilisé à la mi-2013, l’ensemble du soutien pour le renouvelable en Wallonie représentera un coût de 3,5 milliards d’euros entre 2013 et 2020. "Nous basons ce calcul sur base de la législation actuelle et nous avons intégré les dernières commandes de panneaux photovoltaïques", explique Francis Ghigny, le président de la CWaPE.

Sans surprise, c’est le photovoltaïque qui représentera d’ici 2020 la charge financière la plus importante avec un coût de 2 milliards d’euros. Les aides au développement de la biomasse représentent environ 800 millions et le soutien aux parcs éoliens 550 millions.

Si, à la CWaPE, on précise que la réforme des certificats verts pour le photovoltaïque pourrait faire diminuer la facture à partir de 2019, il faut également souligner que ces chiffres ne prennent pas en compte les prochains développements, comme le récent cadre wallon sur l’éolien.

"Avec les prochaines 750 éoliennes qui vont venir s’implanter en Wallonie, nous allons avoir une deuxième difficulté financière. Le gouvernement wallon va recréer le même problème qu’avec le photovoltaïque. Je demande très clairement que ce gouvernement revisite la ligne qu’il s’est donnée au niveau de la politique énergétique. Il est impératif de réorganiser l’ensemble des filières et leurs soutiens", estime Willy Borsus, chef du groupe MR au Parlement Wallon.

Éviter la rente

Chez Jean-Marc Nollet, le ministre Ecolo en charge de l’Énergie, on réfute l’analyse du MR. "Avec l’éolien, nous n’aurons pas le problème que nous avons rencontré avec le photovoltaïque", assure Benjamin Adnet, le porte-parole du ministre. "Il faut arrêter avec les idées fausses. L’énergie renouvelable ne coûte pas plus cher que l’énergie classique. Chaque ménage paie 105 euros par an pour financer la rente nucléaire. Le soutien au renouvelable doit se voir comme un investissement et non comme un coût."

Le sujet fait polémique. Au sein de la fédération de l’énergie renouvelable (Edora), on reconnaît pourtant qu’une optimisation des niveaux de soutien aux différentes filières doit être réalisée. "Nous sommes demandeur d’une réforme. La filière de l’éolien reçoit par exemple trop de certificats verts. À l’inverse, la biomasse ou l’hydraulique auraient besoin d’un meilleur soutien", estime Noémie Laumont, secrétaire générale d’Edora.

Mais surtout, "il faut une visibilité. Or, aujourd’hui c’est le flou intégral." Grand producteur dans le renouvelable, Electrabel ne dit pas autre chose: "le système de subsidiation est indispensable".

La CWaPE estime que l’ensemble du système ne doit pas être profondément revu, mais elle travaille sur un mécanisme qui pourrait diminuer le nombre de certificats verts octroyés pendant les périodes où le prix de l’électricité augmente sur les marchés. But du projet: "Eviter qu’un phénomène de rente se développe dans le renouvelable."

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