Une "bad bank" pour la bulle photovoltaïque?

©belga

Le sp.a Vande Lanotte plaide pour un financement alternatif de la dette photovoltaïque. Côté wallon, on travaille à un système de portage des certificats verts, pas très différent de l’idée de Vande Lanotte.

Le ministre Johan Vande Lanotte, qui a bataillé ces dernières années pour garder les prix de l’énergie sous contrôle, veut éviter une flambée des factures à cause de la dette photovoltaïque flamande. Il plaide pour la création d’un fonds dans lequel serait logée la dette qui s’est formée suite au soutien à l’énergie verte, annonçait ce mercredi "De Standaard".

 

A savoir

En Flandre comme en Wallonie, fondamentalement, le problème est que ces systèmes de soutien ont été trop longtemps trop généreux.

Le Serv, le conseil socio-économique flamand, a en effet chiffré la semaine dernière l’impact du soutien à l’énergie verte Flandre: il estime que les factures des particuliers et des PME vont augmenter de près de 30% en 2016. Une augmentation due pour une bonne part à la subsidiation des panneaux solaires. Suite au gel des tarifs de distribution depuis 2012, une part importante de cette subsidiation, qui est en Flandre à charge des gestionnaires de réseau de distribution, n’a pas été répercutée aux consommateurs. Mais il va falloir récupérer cet arriéré.

Pour l’éviter, Johan Vande Lanotte propose la création d’un fonds, une sorte de "bad bank", où seraient logés quelque 500 millions d’euros de cette dette photovoltaïque, pendant 20 ans. Les intérêts, qu’il estime à 36 millions par an, seraient financés par les autorités flamandes. Il demande aussi que les gestionnaires de réseau utilisent les économies réalisées sur la gestion et l’entretien des réseaux pour alléger cette dette.

Groen soutient cette proposition, que les négociateurs flamands du CD & V et de la N-VA ont déjà rejetée, accusant Vande Lanotte de cynisme. Le soutien à l’énergie solaire était en effet un des chevaux de bataille de la sp.a Freya Van den Bossche, ministre flamande de l’Énergie. Et c’est Melchior Wathelet et Johan Vande Lanotte qui ont décidé de geler les tarifs de distribution jusqu’à leur régionalisation, empêchant ainsi Infrax et Eandis de répercuter suffisamment ce soutien sur la facture des consommateurs.

Reporter le problème?

Mais en Flandre comme en Wallonie, fondamentalement, le problème est que ces systèmes de soutien ont été trop longtemps trop généreux. Même si des mesures correctrices ont été prises, les conséquences continuent à se faire sentir.

Côté wallon, on travaille depuis l’automne dernier sur un système de portage des certificats verts, pas très différent de l’idée de fond de Vande Lanotte — sauf qu’ici, ce sont les entreprises bénéficiant d’une exonération partielle de la surcharge certificats verts qui devraient supporter les coûts de l’opération. Devraient, parce que le mécanisme n’est toujours pas opérationnel. L’intercommunale Ecetia, choisie par le gouvernement pour assurer le portage de certificats verts pour 300 millions d’euros, a créé une société anonyme, Solar-Chest, pour loger l’opération, et a choisi une banque d’affaires et un cabinet d’avocat pour l’assister, avons-nous appris à bonne source.

Mais elle doit encore obtenir un mandat officiel d’Elia, à qui incombe l’obligation de rachat des certificats verts wallons à un prix de 65 euros, pour lancer le portage, mandat qui n’est pas attendu avant fin août. Et l’opération ne pourra se faire, entend-on, que si Elia donne suffisamment de garanties pour rassurer les investisseurs susceptibles de souscrire aux émissions obligataires de Solar-Chest. En clair, Elia devrait s’engager à racheter à 65 euros les certificats verts qui, à l’issue du portage, n’auraient pas pu être revendus sur le marché. Avec le risque, à nouveau, de ne faire que reporter le problème?

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