Best Performers: EVS est le grand gagnant

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L’Echo et De Tijd ont décerné le 10 juin 2008 au Palais de la Bourse de Bruxelles des «awards» aux entreprises les plus performantes, cotées sur Euronext Bruxelles. Cette année, cet honneur est revenu à EVS et Campine. Ces dernières ont chacune empoché le principal award dans leur catégorie (large cap et small cap).

Bruxelles (L'Echo) - Les journaux L’Echo et De Tijd ont décerné le 10 juin 2008 au Palais de la Bourse de Bruxelles des «awards» aux entreprises les plus performantes, cotées sur Euronext Bruxelles. Les awards ont été calculés sur la base des données du groupe consulting Accenture.

  • performance boursière,
  • évolution du chiffre d'affaires,
  • rentabilité.


Dans les «top 5» de ces deux catégories, les matières premières et l'énergie constituent un thème important. Campine (plomb), Sipef (huile de palme), Distrigaz (gaz) et Rosier (engrais) profitent de la demande grandissante dont font l'objet les matières premières et l'énergie. Par ailleurs, le top 5 compte aussi des entreprises actives dans le secteur de l'alimentation et des boissons, comme Duvel Moortgat, Lotus Bakeries et Inbev. Cette dernière profite, tout comme le groupe financier KBC, de la croissance dans les pays en plein essor (pays émergents). Le producteur de lingerie Van De Velde est un autre acteur du top 5 prouvant qu'une marque forte, combinée à une stratégie de maîtrise des coûts, porte ses fruits.

La principale distinction, le Best Performer Large Caps, va toutefois à EVS. La victoire du groupe liégeois (2 awards), spécialisé dans la technologie de l'image, n'est pas une surprise. Ces cinq dernières années, EVS a réalisé une progression moyenne de son chiffre d'affaires de plus de 20% par an. Le rendement sur le capital investi est passé au cours des cinq dernières années de 11% à plus de 70%. Cette brillante prestation s'est également traduite au niveau de la Bourse. Qui avait acheté fin 2002 pour 100 euros d'actions EVS possédait fin 2007, dividendes inclus, un montant de plus de 2.000 euros.

« Ces dernières années, EVS est parvenue à se constituer une position de quasi-monopole», explique Stefaan Genoe de Petercam. «L'entreprise dispose d'un produit particulièrement fiable et d'excellents contacts avec les free-lances actifs sur ce petit marché. En réalité, je ne vois qu'une seule possibilité pour les concurrents de rompre cette position : un rachat d'EVS même. Avec 850 millions d'euros, la capitalisation du marché semble plutôt élevée, mais nous ne pouvons pas oublier que la marge bénéficiaire opérationnelle est de près de 70 % », souligne Genoe.

Campine pas plombé du tout...

Campine, le gagnant de l'award global des plus petites entreprises, recycle du plomb issu des batteries automobiles usagées et le revend partiellement par le biais de contrats à terme sur le London Metal Exchange. Les prix exceptionnellement élevés du plomb ces dernières années expliquent de manière importante le succès du groupe. Durant la période 2003-2007, le prix du plomb a été multiplié par cinq. Toutefois, le succès du groupe ne s'explique pas uniquement par ce seul prix du plomb. Lorsque Campine a publié des pertes gigantesques en 1999, elle a opté pour une restructuration drastique. La concentration sur les activités clés s'est avéré le bon choix. Outre le recyclage du plomb, le groupe produit également des plastiques ignifuges utilisés dans les câbles et les ordinateurs.


« Suite à la période noire de la fin des années 90, le management a fait preuve d'une grande prudence» , explique Stijn Elebaut de SG Private Banking. « Cela ne se manifeste pas uniquement par des attentes conservatrices en matière de bénéfices. Les prix exubérants du plomb de ces dernières années ont toujours été examinés avec le scepticisme de rigueur par le management. C'est la raison pour laquelle depuis plusieurs années déjà, le groupe s'est couvert au moyen de produits dérivés contre une baisse du prix du plomb», reconnaît Elebaut. Cette stratégie porte à présent ses fruits, car depuis le début de l'année, le prix du plomb a presque diminué de moitié. Campine a d'ores et déjà signalé que le résultat opérationnel en 2008 tournera autour du «break-even».

Le chouchou de la Bourse

Le chouchou de la Bourse au niveau des small caps est Hamon. Le prix de l'action a été multiplié par cinq au cours des cinq dernières années. Le groupe profite des investissements des groupes énergétiques soucieux d'augmenter leurs capacités. Hamon produit des systèmes de refroidissement et de purification des gaz industriels. Le Total Return Award dans la catégorie des large caps s'en est allé à EVS.

Metris, le groupe louvaniste d'appareils de mesure, a décroché l'award pour la plus importante progression en matière de chiffre d'affaires pour les small caps. Entre 2002 et 2007, le groupe a enregistré une progression annuelle de son chiffre d'affaires de 75% en moyenne. Une partie de la croissance du chiffre d'affaires provient de rachats. En 2007, Metris a incorporé 5 entreprises et a dépensé à cet effet 34 millions d'euros. Les cinq rachats ont constitué 40% de la progression du chiffre d'affaires de Metris en 2007. Metris développe et produit des systèmes de mesure principalement utilisés pour le contrôle de qualité tridimensionnel et pour garantir un assemblage ultra-précis. Les constructeurs automobiles et les avionneurs sont ses principaux clients.

Au niveau des plus grandes entreprises, Telenet a enregistré la plus nette progression. Le groupe de télécommunications de Malines a réalisé une croissance impressionnante tant au niveau de la large bande que de la télévision numérique.

Un troisième critère au niveau des Best Performers mesure la rentabilité des entreprises. La rentabilité est définie comme la différence entre le rendement sur le capital investi et le coût moyen du capital. Le coût moyen du capital est donc le rendement minimum qu'une entreprise doit enregistrer de façon à ce que ses investissements puissent créer de la valeur. La création de valeur est un critère remarquable pour mesurer la qualité d'une entreprise.

Au niveau des plus petites entreprises, c'est Spadel qui a enregistré les meilleurs résultats sur ce critère. «Spadel est un exemple d'entreprise financièrement très saine avec un solde de trésorerie net élevé», affirme Frank De Mol de L’Investisseur.

Mobistar est le gagnant dans la catégorie des plus grandes entreprises. Le groupe de télécommunications a devancé d'un cheveu son concurrent Belgacom, qui a pu bénéficier d'une position de monopole pendant des années. « Dans le secteur des télécommunications, Mobistar ne connaît pas la même croissance que Telenet, mais l'entreprise est clairement une machine à cash», souligne Nico Melsens de KBC Securities. «En comparaison avec 2000 et 2001, lorsque d'importants investissements ont été effectués dans les licences UMTS, les investissements sont aujourd'hui moins conséquents.

Face à ces investissements moins élevés, on note en outre un chiffre d'affaires nettement supérieur», estime Melsens. Siddy Jobe de la Banque Degroof souligne la stratégie à succès de Mobistar en matière d'augmentation des marges. « Ces dernières années, le nombre d'abonnements prépayés a sensiblement diminué au profit des packages post-payés, plus rentables. Combiné à un nombre accru de clients, cela signifie une amélioration sensible des bénéfices», conclut Siddy Jobe.

Sicafis et holdings

Outre les awards pour les entreprises industrielles et financières les plus performantes, les holdings et les sicafs immobilières les plus performantes aussi ont été mises à l'honneur. Au niveau des holdings, c'est la Compagnie du Bois Sauvage qui a été couronnée. Le holding a enregistré de belles plus-values entre autres au niveau de la vente partielle du fabricant américain de bouchons Nomacorc. Par ailleurs, le groupe a récemment augmenté sa participation dans la Banque Degroof et Recticel.


Au niveau des Sicafis, l'award revient à Warehouses De Pauw (WDP). « WDP est considéré par les investisseurs comme un produit de niche parce qu'il s'adresse au marché de la logistique, bien plus qu'au retail ou aux bureaux », commente Mickael Van den Hauwe de Dexia .

Enfin, le Challenger Award a été décerné à l'entreprise du Marché libre ou Alternext qui a réalisé le rendement le plus élevé en 2007 pour l'investisseur. Cet honneur revint à Option Trading Company (OTC), qui a atteint un rendement total en 2007 de 157%. Air Energy, repris en 2008 par l'entreprise néerlandaise Eneco, suit à bonne distance avec un rendement total de 57%.

PVM

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