Les Français ont racheté Fortis pour rien

Didier Reynders, Yves Leterme et Baudouin Prot ©BELGA

Un rapport de Morgan Stanley rédigé en octobre 2008 assure que BNP Paribas était en train d'acheter les activités bancaires de Fortis "pour rien". Compte tenu d'une surcapitalisation alors estimée à 6,8 milliards causée par le rachat des activités néerlandaises par l'Etat néerlandais et de synergies estimées à 5 ou 6 milliards d'euros, les Français ont fait la bonne affaire en mettant la main sur Fortis.

Bruxelles (L'Echo) - C’est une petite phrase de rien, perdue dans un rapport rédigé en octobre 2008 par la banque d’affaires américaine Morgan Stanley qui visait à pousser vers le haut les négociations entre l’Etat belge et les Français dans le cadre de la vente de Fortis à BNP Paribas. "BNPP is getting the banking activities for free".

Pour appuyer sa thèse, la banque d’affaires a rédigé deux documents de plusieurs pages, plus connus sous le nom de "Projet Diane". "L’Echo" a eu l’occasion de consulter ces rapports.

Si la plupart des montants portant sur la valorisation des actifs des activités bancaires et d’assurances sont connus, l’argumentaire utilisé par Morgan Stanley pour arriver à l’une de ses conclusions ne manque pas de sel.

Compte tenu d’une surcapitalisation alors estimée à 6,8 milliards causée par le rachat des activités néerlandaises par l’Etat néerlandais et de synergies estimées à 5 ou 6 milliards d’euros, les Français ont fait la bonne affaire en mettant la main sur Fortis.

S’ils ne changent pas grand-chose dans l’immédiat, ces rapports sont du pain bénit pour Mischaël Modrikamen, l’avocat des 2.300 petits actionnaires de Fortis pour qui "les Français ont abusé de la situation tandis que le gouvernement belge a sa part de responsabilité". 

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