EXCLU - Win (Belgacom): les chevaliers wallons proposent de payer plus tard

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Les "trois chevaliers blancs wallons", Eric Mestdagh, Laurent Minguet (EVS, XDC...) et Pierre Rion (Iris, EVS...), qui ont formé le consortium des "3C" en leurs noms propres fin 2007, ont remis une proposition liante à Belgacom pour racheter WIn... qui intéresse aussi KPN/Base et Syntigo (SNCB). Tecteo (câblos wallons) aurait renoncé. Du coup, les 3 entrepreneurs jouent la carte de l'ancrage local. Et l'apaisement. Leur prix? Un euro... assorti de paiements différés.

Bruxelles (L'Echo) - La vente de Win, la filiale wallonne de Belgacom spécialisée dans les réseaux informatiques, n'intéresse pas seulement Syntigo (SNCB) et KPN/Base/Tele 2. Les "trois chevaliers blancs wallons", Eric Mestdagh, Laurent Minguet (EVS, XDC...) et Pierre Rion (Iris, EVS...), qui ont formé le consortium des "3C" en leurs noms propres fin 2007 pour étudier ce dossier, ont confirmé, ce vendredi, avoir également remis une proposition liante à Belgacom, le 31 mars dernier. Les "3C" proposent un euro symbolique assorti d'un paiement différé, le temps de remettre la filiale dans les rails souhaités par la Région à travers l'actuel contrat de gestion.

"Cette proposition offre au cessionnaire une série d'avantages très significatifs puisque, outre un prix non dilutif pour Belgacom, 3C reprendrait l'ensemble des obligations du contrat de gestion signé avec la Région Wallonne, proposerait à Belgacom un pacte de non-agression bilatéral pour les clients existants et une continuation de collaboration matérialisée par une garantie d'achat importante de "last miles" pour l'opérateur national. De plus, l'offre prévoit pour Belgacom la possibilité d'une sortie phasée si elle le souhaite."

Si les "Chevaliers wallons" s'imposent, la société Win sera dotée des moyens structurels et financiers nécessaires à son développement, assurent les trois entrepreneurs. "Le management actuel de WIN dispose de la complète confiance des repreneurs qui souhaitent les associer financièrement à l'opération, ajoutent les candidats locaux. Un partenaire industriel majeur du secteur a confirmé à 3C sa collaboration au projet de reprise sans souhaiter entrer dans son capital. Cet accord prévoit un déploiement géographique renforcé des activités de l'entreprise pour l'échange de la voix et des données entre leurs réseaux, pour la convergence du mobile et du fixe, pour l'utilisation conjointe des forces de vente et le développement de nouveaux produits et de technologies innovantes."

Pour rappel, Belgacom détient 100% de l'opérateur Win depuis 2000, deux ans après sa création (et une bagarre homérique Belgacom vs France Télécom). Depuis quelque temps déjà, la Région wallonne considère que l'opérateur historique ne tient pas ses promesses à son égard. Le groupe dirigé par Didier Bellens conteste et considère ne plus avoir d'obligations contractuelles. Mais la Région, très remontée contre Belgacom dans ce dossier, a fait main basse sur la garantie déposée par l'opérateur (3,7 millions). Et elle a réclamé sa reconstitution immédiate. Elle attend à présent la solution proposée par Belgacom. L'opérateur semi-public se dit prêt à se défaire de Win, "ce petit dossier qui nous réclame tant d'énergie politique", selon les termes de son patron, candidat à sa propre succession... Des propos qui ont fait bondir au gouvernement wallon.

Selon les sources, Win, qui a réalisé un chiffre d'affaires d'une vingtaine de millions l'an dernier, vaudrait entre 0 et 10 millions d'euros.

Xavier Degraux

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