Microsoft supprime 18.000 emplois

©Bloomberg

Tout comme HP, IBM, Cisco et Intel, Microsoft veut sabrer dans son personnel. Et ce n'est pas 6.000 emplois qui vont passer à la trappe comme on le pensait dans un premier temps mais bien 18.000 emplois.

Le groupe informatique américain Microsoft a annoncé jeudi la suppression de 18.000 emplois d'ici un an, soit 14% de ses effectifs mondiaux et les plus grosses coupes jamais réalisées dans son histoire. Cette restructuration, liée en grande partie (12.500 postes) à l'intégration du fabricant de téléphones portables Nokia que Microsoft vient de racheter, va se traduire par des charges avant impôts de 1,1 milliard à 1,6 milliard de dollars, qui seront étalées sur les quatre prochains trimestres.

Un tel plan représente la plus importante réduction d'effectifs engagée par Microsoft depuis sa création il y a 39 ans.

Satya Nadella's email to employees: Starting to Evolve Our Organization and Culture http://t.co/3HaaV2gmCq— Microsoft News (@MSFTnews) 17 Juillet 2014

Le géant de Seattle, sous la conduite de son nouveau directeur général, Satya Nadella, en poste depuis cinq mois, veut se recentrer sur le "cloud" et les logiciels destinés aux applications mobiles. Satya Nadella avait lui-même fait part de son intention d'"alléger" l'organisation du groupe dans une note au personnel la semaine dernière.

Express

Retrouvez ici la lettre de Nadella à ses employés

L'acquisition de Nokia a augmenté les effectifs de Microsoft d'un quart pour les porter à 127.000 personnes. Microsoft avait alors déclaré qu'il réduirait les coûts de 600 millions de dollars par an dans les 18 mois suivant l'achat.

Changement de culture

La répartition exacte des coupes n'est pas détaillée. Mais la production de téléphones va être réorganisée et concentrée essentiellement à Hanoi au Vietnam, avec le maintien d'une petite partie à Pékin et Dongguan en Chine. L'usine de Komaron en Hongrie sera pour sa part fermée, a détaillé Stephen Elop, l'ex-patron de Nokia désormais en charge des activités dans les appareils de Microsoft, dans un courriel séparé.

Le gros de la conception des appareils se fera désormais à Salo et Tampere en Finlande, avec en revanche des réductions de voilure sur un autre site finlandais (Oulu) ainsi qu'à Pékin et à San Diego aux Etats-Unis.

Microsoft va aussi mettre fin à l'expérience Nokia X, une série de smartphones d'entrée de gamme utilisant le système d'exploitation Android de Google.

"Notre stratégie dans les appareils doit refléter la stratégie de Microsoft", commente M. Elop, qui veut se concentrer "sur la constitution d'un marché pour Windows Phone", le système d'exploitation mobile de Microsoft, et "sur les créneaux où nous pouvons dégager le plus de valeur".

Les plus grosses réductions de postes du géant des logiciels remontaient jusqu'ici à 2009, où Steve Ballmer, le prédécesseur de Satya Nadella avait supprimé 5.800 postes.

Les employés indemnisés

Dans un courriel séparé, le directeur général Satya Nadella dit aussi viser une "simplification" de l'organisation du groupe, "pour accélérer les flux d'information et les prises de décision". Il promet des indemnisations à tous les salariés concernés ainsi que des aides à la reconversion dans certaines régions.

Microsoft comptait 127.104 employés dans le monde le 5 juin, dont 61.313 aux Etats-Unis.

Éventuel impact en Belgique

On ne savait pas encore jeudi après-midi si les activités belges étaient concernées par des pertes d'emplois. "Pour l'instant, on ne sait pas s'il y a un impact en Belgique ni sa nature s'il devait y en avoir un", indique-t-on chez Microsoft Belgique/Luxembourg.

Au total, le géant américain emploie quelque 360 personnes dans notre pays, la plupart dans des activités commerciales (vente et marketing). Microsoft dispose également de trois "Microsoft Innovation Centers" en Belgique, à Mons, Bruxelles et en Flandre (Courtrai et Genk).

A savoir

Microsoft n'est pas le seul à tailler dans ses effectifs pour s'adapter à l'évolution du marché informatique. Hewlett-Packard est en train de supprimer 50.000 de ses 250.000 postes tandis qu'IBM entreprend un "rééquilibrage des effectifs" qui, de l'avis des analystes, induirait 13.000 pertes d'emplois, l'équivalent de 3% environ des effectifs. Intel et Cisco Systems prévoient quant à eux de supprimer 5% de leurs postes.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés