Innogenetics gonfle ses caisses

Mise à l'étalage par le laboratoire américain Abbott, Innogenetics vient de procéder à une augmentation de capital de 45 millions d'euros. Pour doper les revenus d'une vente future ou pour attirer de nouveaux candidats acheteurs ?

(L'Echo) - Acquise par Solvay à la fin 2008, la société gantoise Innogenetics a été cédée au laboratoire américain Abbott avec l'ensemble des activités pharmaceutiques de Solvay. Elle est aujourd'hui à nouveau à vendre.

Or, voilà que vient de paraître au Moniteur une augmentation de capital de 45 millions d'euros, décidée le 29 avril dernier par une assemblée générale extrordinaire de la société biotechnologique. Le capital social passe ainsi d'un coup de 19,4 millions d'euros à 64,4 millions, via la création de 71,6 millions de nouvelles actions. 

Difficile de croire à une opération purement cosmétique alors qu'Abbott a décidé de mettre Innogenetics en vente. Mais les parties s'abstiennent de tout commentaire. Le responsable de la communication d'Innogenetics affirme même ne pas être informé de cette augmentation de capital.

Deux hypothèses peuvent être avancées: Innogenetics, vendue pour 200 millions d'euros à Solvay, pourrait ainsi rapporter une belle plus-value à Abbott. A moins que ce supplément d'envergure ne serve à attirer l'attention d'autres acheteurs potentiels.

Pour rappel, l'entreprise basée à Zwijnaarde fait partie des actifs pharmaceutiques que Solvay a vendus en septembre dernier à Abbott. Une vente avalisée par la Commission européenne, qui exige toutefois que le groupe américain se défasse d'au moins une ligne de production d'Innogenetics, en l'occurrence les activités de tests diagnostiques de la fibrose kystique exercées en Europe.

Mais plutôt que de se contenter de mettre cette seule activité d'Innogenetics en vente, Abbott a choisi de tenter de vendre l’ensemble de la société, estimant plus simple de se défaire de toute une entreprise que d'un seul de ses morceaux.

Innogenetics (environ 50 millions d'euros de chiffre d'affaires) et ses 340 travailleurs sont donc appelés à changer à nouveau de pavillon. Reste à savoir lequel. Les noms de l'américain Gen-Probe, du français BioMérieux et du suisse Roche Diagnostics ont été cités.

A moins qu'un scénario de "stand alone" n'émerge. Il y a quelques semaines, le magazines "Trends" faisait état de l'intérêt de Rudi Mariën, cofondateur et ex-patron d'Innogenetics, resté actif dans les biotechnologies. Qui devrait, dans ce cas de figure, s'adjoindre le soutien de fonds d'investissement.

"Nous évaluons toutes les options possibles sur les activités à vendre", indique Filip Goossens, responsable de la communication d'Innogenetics.

L.V.D.

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