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La fièvre "biotech" atteint les investisseurs belges

Au vu de l'évolution du cours des titres de sociétés biotech récemment introduites sur Euronext Bruxelles, on a l'impression que le facteur risque est relégué à l'arrière-plan.

(l'echo) Bruxelles (TNL)- Ceux qui investissent dans les valeurs biotechnologiques doivent avoir le c?ur bien accroché. Un retard dans le programme de recherche ou des essais cliniques infructeux sont immédiatement sanctionnés en Bourse. Il arrive même qu'une action en hausse de plus de 10% le matin dévisse de plus de 16% l'après-midi à l'instar de l'action Thrombogenics ce mercredi.

C'est ce qui est arrivé à ThromboGenics ce mercredi. Le plus curieux dans ce cas c'est qu'aucune nouvelle ne justifie ces brusques mouvements de cours. " Il n'y a aucune explication rationnelle, souligne un gestionnaire de fortune de Diericks & Leys. ThromboGenics est devenue le nouveau joujou du marché. Tout le monde a peur de rater le train. "

Cette société spécialisée dans le développement de médicaments pour des affections vasculaires, de la vue et du cancer est devenue en quelques mois la nouvelle coqueluche des boursicoteurs. Pourtant au départ, rien ne laissait présager un tel engouement. La souscription publique lancée en juin dernier a été couronnée de succès sans pour autant faire un carton. La demande ne dépassait l'offre que de 15% et le prix d'émission finalement retenu, 4,5 euros le titre, figurait dans le bas de la fourchette annoncée.

Depuis lors l'action n'a cessé de grimper pour tripler de valeur six mois plus tard dans des volumes étoffés. " En effet, 2007 est une année importante pour la société mais les annonces les plus importantes ne sont attendues que lors du second semestre ", souligne pour sa part Christophe Van Vaeck, analyste chez KBC Securities, l'établissement financier qui a organisé l'IPO de ThromboGenics. " Les investisseurs semblent convaincus que tous les résultats des recherches seront positifs. Il est dangereux de payer déjà pour ça. La biotechnologie reste un secteur plein de risques " avertit l'analyste.

Au vu de l'évolution du cours des titres de sociétés biotech récemment introduites sur Euronext Bruxelles, on a toutefois l'impression que le facteur risque est relégué à l'arrière-plan. Cotée à quelques jours d'intervalle de Thrombo, OncoMethylome (diagnostic des cancers) a vu son action gagner plus de 60% alors que là-aussi le prix de souscription se situait dans le bas de la fourchette. Idem pour Devgen (traitements contre le diabète, l'obésité et l'arythmie) et Galapagos (traitements contre la maladie des os).

Après une souscription mi-figue mi-raisin -Galapagos a même réduit sa fourchette de prix et postposé la date de sa première cotation- le succès boursier a été au rendez-vous. Devgen a bondi de plus de 130% en l'espace de 18 mois et Galapagos de plus de 40%.

Mais tout n'est pas aussi rose dans le monde de la biotechnologie. " Les tendances diffèrent au sein de l'Europe, tempère Yves Vaneerdewegh, investment manager chez Quest for Growth. Dans certains pays comme la Belgique et la Hollande, les sociétés cotées performent très bien. Dans d'autres pays comme le Royaume-Uni c'est plutôt médiocre. " La société d'investissement Quest for Growth, cotée à Bruxelles, possède de nombreuses participations dans des " biotechs ", mais aucune belge actuellement. Elles représentent un tiers de l'ensemble de son portefeuille et sont majoritairement britanniques.

Ce qui n'empêche pas cette Pricaf de réaliser de belles opérations comme avec Omrix (biochirurgie et immunothérapie) qui a été introduite sur le Nasdaq à 10 dollars en avril dernier et qui tourne aujourd'hui dans les alentours des 30 dollars. Avec un CEO belge à sa tête Omrix est aujourd'hui profitable. Ce n'est pas très fréquent.

Un point commun reliant les quatre sociétés biotech évoquées plus haut et bien d'autres, c'est qu'elles ne dégagent aucun bénéfice et parfois même ne réalisent pas de ventes. Investir dans de telles valeurs ne se fait donc pas dans l'espoir de toucher rapidement un dividende. Ce qui compte dès lors, c'est la valeur boursière de l'action, celle-ci évoluant en fonction du " news flow ", c'est-a-dire au rythme des nouvelles publiées par l'entreprise. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises.

Stéphane Wuille

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