Le shopping allemand d'IBt enchante le marché: l'action en hausse de 14%!

©Jerry De Brie

L'acquisition de Bebig sera largement financée via l'émission de nouvelles actions IBt. Le solde proviendra d'un emprunt dont les modalités font l'objet de négociations avec ses actionnaires actuels. Côté perspectives, IBt compte dégager pour l'exercice en cours un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros. Le marché apprécie, en tout cas l'opération, le titre a décollé en matinée et maintenait une hausse de 14% fin d'après-midi.

Bruxelles (L'Echo) - International Brachytherapy (IBt) vient de donner un coup d'accélerateur majeur à sa croissance. La société, basée à Seneffe prépare le rachat d'un concurrent allemand Bebig, une filiale d'Eckert & Ziegler, rachat qui la propulsera sur la première marche du podium européen de son domaine d'activité : la production et la commercialisation des implants radioactifs destinés au traitement du cancer de la prostate.

Cette transaction, d'un montant de 23,5 millions d'euros, sera largement financée via l'émission de nouvelles actions IBt. Le solde proviendra d'un emprunt dont les modalités font l'objet de négociations avec ses actionnaires actuels qui détiennent environ 36% du capital. François Blondel, actuel administrateur délégué d'IBt, deviendra le CEO du nouvel ensemble dont le QG restera basé à Seneffe. " Il s'agit d'une opportunité extraordinaire pour IBt, s'est félicité François Blondel. La complémentarité géographique est parfaite. Ensemble, notre part de marché sera supérieure à 40%. Nous sommes de taille comparable mais, souligne l'administrateur délégué, il existe une différence de taille : la société que nous rachetons est hautement profitable. " Bebig génère un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros et un Ebitda de 3,9 millions d'euros.

Concrètement, l'opération de rachat est un peu plus complexe. Dans les faits, IBt rachète les actions de Bebig, une filiale du groupe allemand Eckert & Ziegler AG (EZAG) coté sur la Bourse de Francfort. Les actifs ont été valorisés à 5,5 fois l'Ebitda, ce qui donne un chiffre de 21,5 millions auquel il faut ajouter 2 millions d'euros de fonds de roulement.

Pour rémunérer cet apport, IBt donnera à EZAG, entre 6 et 7 millions d'actions nouvelles émises dans le cadre de son capital autorisé. Le prix unitaire a été fixé à 3,47 euros. Lundi soir, le titre IBt a clôturé à 3,50 euros (+1,16%). Le groupe allemand deviendra, dès lors, le deuxième actionnaire d'IBt avec une participation de 29,9%. Soit juste en-dessous du seuil de déclanchement obligatoire d'une OPA (30%). Les fondateurs d'IBt envisagent, par ailleurs, d'accorder à EZAG une option d'achat sur leurs propres titres. Si cette option est exercée, ils seront rémunérés avec des actions EZAG. Dans ce cas, le holding allemand devrait détenir alors 51% d'IBt et sera obligé de lancer une OPA sur le solde des titres.

Le deal en passe d'être conclu ne s'arrête pas là. " Nous avons l'occasion de racheter un autre morceau d'EZAG, nous a expliqué François Blondel. Si nous levons cette option, IBt triplera de taille. " Cette division, axée sur les implants temporaires, a dégagé des ventes de 12 millions d'euros en 2007 et est bénéficiaire.

Dernier aspect : les deux cyclotrons, acquis depuis quelque temps déjà par IBt, pour un montant global de 5 millions d'euros (hors installation) pourraient être acquis ou utilisés par EZAG. " Comme ces appareils sont déjà amortis, il s'agit de profit net immédiat " précise Blondel.

Côté perspectives, IBt compte dégager pour l'exercice en cours un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros. Il pourrait dépasser les 30 millions si IBt décide de racheter l'activité des implants temporaires d'EZAG. En 2009, la marge Ebitda devrait dépasser les 30%. Peut-on s'attendre à un bénéfice en 2008 comme annoncé précédemment ? " Il faut nous laisser du temps pour réaliser l'intégration, temporise François Blondel. Mais les nouvelles seront bonnes en 2008 et excellentes en 2009. "

 

A la clôture mardi, le titre IBt s'envolait sur Euronext Bruxelles, et prenait pas moins de 14,29% à 4 euros.

Stéphane Wuille

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